Groupement Transfrontalier

Liberté chérie

Le 1er juin 2004, nous avons assisté à une petite révolution dans l’histoire de la Suisse. Peu de personnes avaient appréhendé le bouleversement qu’a entraîné l’ouverture du marché de l’emploi suisse aux européens. Celui qui aurait pu prédire, il y a quelques années, qu’il suffirait de trouver un emploi pour pouvoir travailler chez nos voisins et qui plus est sans contrôle du salaire et des conditions de travail serait passé pour un hurluberlu. Et pourtant, les Suisses ont franchi le pas. Ils ont accepté, par une votation, le principe de la libre circulation, prouvant ainsi une maturité politique. Surtout, ils ont appliqué ce principe dès le 1er juin. Beaucoup pensaient qu’il faudrait du temps avant que la libre circulation soit réellement appliquée. Alors deux ans après, le temps d’un premier bilan arrive. Soyons clair, il est fortement positif. Nous n’avons pas connu de dérapages massifs. La Suisse n’a pas été envahie par des hordes d’européens venant profiter de l’eldorado. Les employeurs n’ont pas licencié massivement leurs anciens salariés pour les remplacer par des européens avec des salaires inférieurs. Bien entendu, on pourra toujours trouver ça et là quelques contre exemples. Ils ont systématiquement été relevés par les syndicats et mis en avant dans la presse. Mais globalement les entreprises suisses ont pu améliorer leur compétitivité en trouvant du personnel qualifié et les travailleurs européens du travail. Tout cela avec un taux de chômage en baisse sur le pays. Bref tout va bien dans le meilleur des mondes. Il ne faudrait pas exagérer ! La Confédération doit encore développer ses organes de contrôle et mettre en place les inspecteurs du travail prévus avec les mesures d’accompagnement. Côté français, seules les Maisons transfrontalières ont mis en place des outils d’information efficaces pour aider les européens qui cherchent un emploi. A quel salaire puis-je prétendre ? Quelles sont les conditions de travail et d’emploi en Suisse ?... Car il faut être lucide, si nous voulons éviter les abus et les dérapages, il faut en amont une information la plus complète possible. Il n’est pas du tout évident pour un breton, arrivant dans la région, de savoir si l’emploi qu’on lui propose est payé à sa juste valeur, ni de savoir quel sera son salaire net. La libre circulation des personnes est devenue une réalité dans nos régions. Elle constitue une chance pour tous, de chaque côté de la frontière. Elle doit être maintenue et défendue. Il faut continuer à privilégier l’information, si nous ne voulons pas d’un retour en arrière en 2009. Année où le peuple suisse pourra, à nouveau, s’exprimer par votation sur la poursuite ou non de cette libre circulation. Imprimer l'article

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