Groupement Transfrontalier

Chute libre pour le franc suisse

Depuis l’arrivée de l’euro, jamais le franc suisse n’a été aussi faible. Cela arrange peut-être les affaires des professionnels du tourisme et des entreprises exportatrices helvètes, mais pas du tout celles des frontaliers et des Suisses qui voyagent à l’étranger. S’il est difficile pour le néophyte de comprendre les mécanismes d’évolution des taux monétaires, il est par contre très facile de comprendre les conséquences pour le travailleur frontalier. Car lui ne sait jamais combien il va gagner en fin de mois, du fait du changement de monnaie. Evidemment d’un mois à l’autre, les évolutions sont minimes mais sur de plus longues périodes, il n’en va pas de même. Sans parler bien sûr d’évolution longue comme celle concernant la retraite. Des conséquences aussi pour les régions frontalières car la baisse du pouvoir d’achat des frontaliers entraînera forcément une baisse de la consommation. Car le commerce transfrontalier n’est plus ce qu’il était. Nos voisins désertent les commerces français. Même Migros, la célèbre enseigne helvète qui avait passé la frontière avec armes et bagages en France voisine, voit la part des Suisses achetant dans ses magasins français fondre comme neige au soleil ! Elle était de 30 % il y a 5 ans, à peine 15 % aujourd’hui. Alors la faute à qui ? Pourquoi nos voisins retournent-ils acheter chez eux ? Premier accusé : l’Euro bien sûr. La monnaie unique européenne se révèle une monnaie forte face au franc suisse et il devient moins intéressant d’acheter en France. Mais il y aussi un autre phénomène qui explique cette désaffection, la baisse des prix en Suisse. Depuis plusieurs années, nos voisins ont entamé une politique de lutte contre l’îlot de cherté suisse. L’écart des prix entre l’Europe et la Suisse ne cesse de se réduire. Il était de 40 % en 2001, il est de 25% aujourd’hui. Enfin, dernier aspect et non des moindres, les difficultés de circulation qui favorisent de plus en plus le commerce de proximité. Reste que nos voisins commencent à réfléchir à une autre stratégie pour développer leur commerce. Pourquoi ne pas attirer la clientèle frontalière vivant en France, en Suisse ! Et rien ne dit que dans les toutes prochaines années, ce seront les Français qui iront faire leurs emplettes en Suisse. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement ! Imprimer l'article