Groupement Transfrontalier

Le beurre, l’argent du beurre et la crémière !

Combien de fois n’a-t-on pas entendu cette expression à propos des frontaliers ? Ils ont du boulot, ils gagnent bien leur vie et en plus, ils se plaignent ! Des propos qui ressortent en nombre depuis quelques jours avec l’action menée par le Groupement sur le 2ème pilier... Côté suisse, comment expliquer à son collègue suisse qui paie un impôt en cas de récupération de son 2ème pilier en capital qu’il est normal que le frontalier puisse le récupérer ? Tout simplement en lui rappelant que lui a déduit sa cotisation 2ème pilier de sa déclaration fiscale, ce que le frontalier ne peut pas faire. Côté français, ce qui choque dans cette affaire c’est bien l’absence totale de concertation. Personne n’était informé de ce projet. Ni les élus, ni les associations de frontaliers. Il serait bon qu’enfin, les ministères parisiens découvrent que oui, en France, il existe des régions avec des individus qui pensent et peuvent avoir un avis sur les dossiers les concernant. Une concertation intelligente leur permettrait de mieux comprendre la spécificité des travailleurs frontaliers, y compris dans leur imposition. Car, lorsque les fonctionnaires de Bercy acceptent que le fisc suisse conserve l’impôt du 2ème pilier pour les frontaliers, soi disant dans un souci d’équité fiscale, savent-ils que le frontalier, imposé à Genève, ne bénéficie lui d’aucun abattement fiscal, contrairement à son collègue ? Savent-ils que le frontalier doit assumer un risque de change important ? Depuis l’introduction de l’Euro, le retraité frontalier qui perçoit une rente en franc suisse a perdu 12%. Enfin, la plupart des frontaliers qui récupèrent leur capital le place soit dans leur résidence principale soit en produits financiers sur lesquels ils vont être assujettis à des impôts en France. Sur ce dossier, les frontaliers ont un sentiment de profonde injustice. Le sentiment que l’Etat français fait bien peu de cas de leur situation. Sur l’autel de la négociation entre Etats, ils ne pèsent pas bien lourds. Alors non messieurs, les frontaliers ne veulent pas le beurre et l’argent du beurre, ils demandent simplement à être respectés et entendus ! Imprimer l'article