Groupement Transfrontalier

Libre circulation : ouf !

Inutile de se le cacher, nous avons eu très peur quant au résultat de la votation du dimanche 8 février. L’enjeu était fondamental pour les travailleurs frontaliers bien sûr mais aussi pour le développement des régions frontalières et de la Suisse. En zone frontalière, la campagne a été axée, par le parti d’extrême droite et des mouvements populistes, sur la question des travailleurs frontaliers. Une campagne haineuse, parfois à la limite de la diffamation, qui a échoué. Les Suisses ayant voté à presque 60 % en faveur de la prolongation des accords. Une belle leçon de démocratie ! Soulagement Le peuple suisse devait répondre à deux questions : êtes vous d’accord pour que la libre circulation des personnes et des travailleurs soit prolongée indéfiniment et que les accords bilatéraux soient étendus à la Bulgarie et à la Roumanie ? Tous les acteurs politiques, économiques et sociaux se sont clairement prononcés en faveur du oui à l’exception des extrêmes. Si, sur le papier, les résultats ne devaient pas faire de doute, très vite le ton de la campagne a dégénéré, quittant le terrain de l’objectivité pour s’axer sur un thème beaucoup plus racoleur et populiste, la peur des étrangers. Entre les Roms qui vont envahir la Suisse pour piller les caisses sociales et les frontaliers pour « piquer » le travail aux résidents, la campagne a pris une tournure nauséabonde. Une belle leçon de démocratie Comme l’a affirmé Micheline Calmy-Rey, ministre des Affaires étrangères, le dimanche soir après les résultats, les Suisses peuvent être fiers. Ils ont fait preuve de pragmatisme et de bon sens en refusant clairement de céder aux bons vieux réflexes protectionnistes dans un contexte de crise économique. Les Suisses ont également envoyé un message aux européens. Depuis 2005, à quatre reprises, le peuple a voté en faveur de l’Union européenne. Il a démontré que, même si l’Europe est loin d’être parfaite, il n’y a pas d’autre voie possible. Aujourd’hui ne boudons pas notre plaisir. Beaucoup de frontaliers sont allés travailler soulagés et fiers de leurs amis et collègues suisses. Le message du peuple est clair : Oui à l’Europe. Non à l’obscurantisme et au racisme. Cela fait du bien !
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