Groupement Transfrontalier

Un silence assourdissant !

L’impact des travailleurs frontaliers sur le développement du Haut Doubs et plus largement de la Région. Voila bien une question qui a fait couler beaucoup d’encre en Franche-Comté ces deux dernières années. Une enquête menée par la Chambre de commerce et de l’industrie avait mis le feu aux poudres. La Suisse se trouvant accusée de tous les maux. Délocalisation d’entreprises, embauche massive de travailleurs, pression sur les commerces français… pas de mots assez durs pour vilipender le pays voisin ! Une enquête malheureusement relayée par certains élus entraînant un contexte tendu dans les réunions transfrontalières. Le coup de gueule d’un patron horloger neuchâtelois lors d’une conférence du club 44 en étant un parfait exemple. «Il y a 30 ans, le secteur horloger français était aussi important qu’en Suisse. Avec la crise, nous avons su nous battre et remonter la pente. Que l’on ne vienne pas maintenant nous reprocher d’avoir réussi, j’en ai assez d’être traité comme un concurrent déloyal». Quant au développement de la partie française, il était évidemment limité par le développement suisse. Sans nos voisins, il semblait évident, aux yeux des rédacteurs, que de nombreuses entreprises se seraient précipitées dans le Haut- Doubs pour s’installer ! Bref, il en a fallu de la patience à tous ceux qui, élus, responsables d’association, chefs d’entreprise, avaient l’impression de ramer à contre courant en osant affirmer que la Suisse devait être considérée comme une chance pour les régions frontalières et que, plutôt que de s’opposer, il est préférable de travailler ensemble. Mais voilà, la crise est arrivée et depuis, plus rien : plus d’articles accusateurs, plus de propos agressifs. Mais ne nous réjouissons pas trop vite, il va suffire que des frontaliers perdent leur emploi et vous verrez, la Suisse sera de nouveau accusée d’exporter son chômage en France. La crise est mondiale, elle touche tout le monde. Pour en sortir, nous devrons faire preuve de solidarité et de pragmatisme. En votant la poursuite de la libre circulation dans un tel contexte, les Suisses nous ont montré leur volonté d’ouverture. A nous de leur prouver qu’ensemble, nous pourrons mieux affronter les épreuves qui nous attendent. Mais pour cela, il faut se connaître et se parler, c’est bien là le premier défi à relever !

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