Groupement Transfrontalier

Rien n’est jamais acquis

Selon la Mission opérationnelle transfrontalière, nous sommes 230 000 à passer, chaque jour, la frontière pour aller travailler dans un pays voisin. Un nombre qui fait de la France, le premier pays européen en ce domaine. Une spécificité bien comprise par Pôle emploi (ex Anpe et Assedic) qui, depuis treize ans, a développé un réseau de conseillers Eures, service européen de l'emploi, tout au long de la frontière. Des conseillers qui se sont réunis fin avril afin de faire le point sur la situation dans les zones frontalières et qui ont invité le Groupement à venir participer à leurs travaux. Si la situation globale de l’emploi est, en France, fortement dégradée, l’impact de la crise se fait ressentir de manière très diverses selon les frontières. Si tous ces spécialistes notent un ralentissement ou une baisse d’activité dans les pays voisins, l’intensité demeure très variable en fonction du pays voire de la région. Ainsi en Franche-comté où les travailleurs frontaliers sont majoritairement employés dans l’industrie (horlogerie), la chute des effectifs apparaît très significative. Par contre sur Genève, le nombre de frontaliers continue à progresser, moins vite certes, mais augmente toujours ! Avec les pays du nord, Belgique, Luxembourg et Allemagne, la situation semble relativement similaire. Pour l’instant, les baisses restent relatives et ces bassins d’emploi se portent plutôt mieux que le reste du pays. Il en va tout autrement dans le sud. La situation de l’Espagne est catastrophique et le mot n’est pas trop fort. En quatre mois, le taux de chômage est passé de 6 % à 17%. Le secteur de la construction s’est complètement effondré, entraînant avec lui, la quasi-totalité de l’économie espagnole. Conséquence pour la région frontalière et particulièrement la Catalogne, la tendance est totalement inversée. Depuis le début de l’année, ce sont des espagnols qui viennent en France pour trouver du travail ! Un scénario que personne n’avait prévu mais qui prouve bien que rien n’est jamais acquis et que des inversions de tendance sont toujours possibles. Ceux qui critiquent les frontaliers dans certaines régions feraient bien de réfléchir ; un jour, ils pourront peut être avoir besoin du pays voisin pour travailler !

Imprimer l’article