Groupement Transfrontalier

Le canton du Jura dérape !

Quelle mouche a bien pu piquer le ministre des Finances du canton du Jura ? Il a écrit à toutes les communes du canton en demandant aux maires de lui signaler toutes les voitures immatriculées en France et qui stationnent plus de 45 jours par an sur leur territoire. Objectif avoué : pouvoir imposer à la source ces travailleurs frontaliers et accroître les recettes le l’Etat. Le titre du journal Le Matin est on ne peut plus évocateur : « le Jura lance la chasse aux frontaliers imposteurs ». Il faut avouer que les deux mots : chasse et imposteurs ont de quoi inquiéter. Il semble bien que la xénophobie ne soit pas l’apanage des Genevois ! Alors certes, on peut comprendre la volonté de Charles Julliard, le ministre des Finances de vouloir remplir ses caisses. On peut aussi admettre que faire respecter la loi est une action tout à fait louable, mais il existe certainement d’autres méthodes pour arriver au résultat souhaité. La première serait d’abord et avant tout d’informer les travailleurs frontaliers en les incitant à s’identifier, s’ils sont dans ce cas. Ne pas mener de campagne d’informations préventives sous-entend que les personnes dans cette situation le font délibérément. Ce qui n’est certainement pas le cas. Heureusement, les maires jurassiens ont, pour la plupart, adressé une fin de non recevoir à la demande du ministre. Peu d’entre eux apprécient d’envoyer leurs fonctionnaires de nuit faire le tour des parkings de leurs villes. Enfin, le nombre de frontaliers dans cette situation est extrêmement faible et nous osons espérer que le ministre dispose d’autres voies pour équilibrer les finances cantonales ! Il reste tout de même la question de l’impact financier des travailleurs frontaliers dans les zones frontalières. A ce jour, seul l’exemple genevois avec une imposition à la source et une rétrocession du canton aux communes françaises donne satisfaction aux élus de part et d’autres de la frontière. Mais le nombre de frontaliers et leur impact sur les zones frontalières n’a rien avoir avec la situation du Jura. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose, finalement !

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