Groupement Transfrontalier

L’Etat découvre ses régions frontalières

Pour une surprise, ce fut une surprise. L’Etat français, par le biais de son secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a découvert l’existence, aux confins de son territoire, de zones frontalières. Des zones dont personne, à Paris, n’imaginait l’importance. 15 Régions concernées, 28 départements et 10 millions de Français qui vivent à proximité d’une frontière, sans parler des 300 000 Français qui habitent en France et travaillent dans un pays frontalier. Une révélation en provenance directe de l’Union européenne qui a depuis longtemps compris l’enjeu de ces régions dans la construction du modèle européen. Le ministre a donc décidé, au début du mois de février, de rassembler l’ensemble des acteurs concernés : préfets, députés, ambassadeurs, experts et le président du Groupement transfrontalier, Michel Charrat, pour un brainstorming sur l’avenir de nos régions.Notre ministre a lancé le débat en faisant remarquer "qu’à l’obsession des frontières des nationalistes de jadis a succédé l’oubli des frontières" ! Il a également rappelé que l’Etat a confié une mission à trois parlementaires français, Etienne Blanc, Fabienne Keller et Marie-Thérèse Sanchez afin qu’ils remettent un rapport sur la situation des régions ainsi que les possibilités de développement. Au cours de la réunion, la situation particulière de la Suisse a été relevée. L’occasion pour certains de stigmatiser les facilités fiscales offertes par ce pays qui seraient une explication de la fuite des entreprises et de la main-d’œuvre vers ce pays. Parmi les réflexions qui ont suivi, quelques-unes n’ont pas manqué de sel. Ainsi, a été évoquée la possibilité de créer des zones franches afin d’harmoniser les systèmes fiscaux et de les doter d’un statut social spécifique, pouvant même aller vers une remise en question des 35 heures ! Une envolée vite tempérée par les représentants de l’Etat présents. Beaucoup plus concrètement, ces mêmes représentants ont fait remarquer l’absence d’interlocuteur unique et clairement identifié pour parler au nom des régions frontalières. En clair, l’Etat français se verrait bien reprendre la main sur ces questions frontalières et la création d’une structure interministérielle, voire la nomination d’un préfet pourrait être une solution. Pierre Lellouche a conclu en affirmant que nous devons passer de la "frontière coupure à la frontière couture" !

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