Groupement Transfrontalier

Coup dur pour le Doubs !

Enfin, après bien du temps et des requêtes, nous avons pu obtenir le nombre de travailleurs frontaliers indemnisés dans les départements francs-comtois. Pour rappel, il faut préciser que les cantons limitrophes employaient à la fin de l’année 2009, 16 809 frontaliers pour le canton de Vaud, 7 536 à Neuchâtel et 5 138 dans le Jura. En cette même période, les agences Pôle emploi des départements limitrophes comptaient 3.024 frontaliers inscrits au chômage. Un chiffre impressionnant surtout par son évolution sur l’année. Dans le département du Doubs, l’augmentation des inscrits a bondi de plus de 50 % en un trimestre et a plus que doublé sur l’année, passant de 952 ex frontaliers indemnisés au début de l’année à 2.209 en fin d’année. Bien évidemment, la raison principale de cette évolution réside dans la crise horlogère. Les villes de Morteau et de Pontarlier abritent de nombreux frontaliers qui vont exercer leur activité dans les manufactures horlogères juste de l’autre côté de la frontière. Mais la crise ne s’est pas limitée au département du Doubs, le Jura est aussi concerné avec un nombre de chômeurs frontaliers qui est passé de 234 à 395, comme celui du territoire de Belfort de 234 à 420. Bref, et ce n’est pas une surprise, la crise a touché de plein fouet les travailleurs frontaliers, particulièrement les derniers arrivés. Il faut dire que, durant les trois années précédentes, l’industrie horlogère en particulier a vu son activité se développer considérablement et a fait appel à une main d’œuvre importante. Alors bien sûr, certaines voix s’élèvent côté français pour dénoncer une exportation du chômage de la Suisse en France, ce qui n’est pas faux. Mais assez curieusement, ces voix se font relativement discrètes et la critique de la Suisse voisine qui vient piller la main d’œuvre française a perdu beaucoup de son intensité. La raison en est toute simple et évidente, il n’y a pas, de ce côté de la frontière, d’employeurs susceptibles d’embaucher. Au contraire, la crise touche aussi la France et beaucoup d’élus reconnaissent, parfois en aparté, qu’il reste heureusement la Suisse pour maintenir des emplois et une population dans la région. C’est souvent dans les difficultés que les vérités apparaissent !

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