Groupement Transfrontalier

4ème révision de la LACI : la loi du porte-monnaie

Si la solidarité s’exprime par le partage, le moins que l’on puisse dire est que nos voisins n’ont pas vraiment cette sensibilité. La votation sur la révision de l’assurance chômage a le mérite de la clarté. D’un côté, les cantons alémaniques, les moins concernés par le chômage, de l’autre, les cantons romands. Résultat : les alémaniques ont tous voté pour la révision, les romands contre. La frontière du Röstigraben reste bien réelle. Ce 4ème projet de révision de l’assurance chômage (LACI) avait pour principal objectif de stopper le déficit de l’assurance chômage. Pour ce faire, les initiateurs de la loi jouent sur les deux leviers les plus classiques : augmenter le taux de cotisation en passant de 2% à 2,2% dès le 1er janvier 2011 et limiter les indemnisations. Evidemment, dans un pays où le chômage demeure très limité, entre 150 000 et 200 000 inscrits dans les caisses, le sujet ne passionne pas les foules. Le taux de participation très faible 35,5% en témoigne. Qui plus est, dans de nombreux cantons, c’est un sujet pratiquement tabou. Ceux qui ne travaillent pas sont ceux qui ne veulent pas travailler ! Et comme toujours, ceux qui ne sont pas au chômage croient qu’ils n’y seront jamais ! La boucle est bouclée et la séparation du pays est bel et bien consommée une fois de plus. Latins et Alémaniques se tournent le dos. Une situation étrange qui nous surprend évidemment. Et d’ailleurs, il est assez surprenant de constater le manque d’enthousiasme des vainqueurs. Un peu comme si cette victoire sous la forme du clivage du pays laissait un goût amer. La Présidente de la Confédération, Doris Leuthard, a bien compris le message et a annoncé que les cantons connaissant des difficultés structurelles en matière d’emploi ne seront pas laissés de côté. Un vœu très politique. Pour beaucoup de Suisses romands, le résultat de cette votation démontre une fois de plus que la solidarité a des limites qui se confondent souvent avec les coutures du porte-monnaie ! Quant au chômage des frontaliers qui, faut-il le rappeler n’est pas comptabilisé, le sujet n’a jamais été abordé. Le thème demeure beaucoup trop sensible.

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