Groupement Transfrontalier

Emploi frontalier : l’intérim précaire

Si l’on se réfère aux chiffres, et les chiffres sont têtus, l’emploi des travailleurs frontaliers repart nettement à la hausse. Que ce soit dans le canton de Genève : 54 088 travailleurs frontaliers, de Vaud : 17 370, de Neuchâtel : 7 888, du Jura : 5 260 ou de Bâle : 49.557, partout les effectifs frontaliers sont en progression. Une bonne nouvelle qui ne peut que nous réjouir. Pourtant, en regardant ces résultats d’un peu plus près, ils ont de quoi nous alerter... En effet, car ces résultats sont à mettre en parallèle avec l’augmentation très brutale du chômage pendant la crise dans les régions frontalières. A Genève par exemple le taux est passé de 5,6 % à 7,5 % en un an. En Haute-Savoie, il a passé la barre des 8,5 % alors que la Franche-Comté détient le record de la plus forte progression. Bref, la crise a touché toutes les régions et particulièrement les frontaliers. Le nombre d’inscrits à Pôle emploi a doublé en une année. Plus de 7.000 frontaliers étaient inscrits en mai dernier dans une des agences frontalières de Pôle emploi avec la Suisse. Des chiffres qui nous démontrent que le phénomène frontalier a évolué ces toutes dernières années. La libre circulation des personnes, en ouvrant le marché de l’emploi, a favorisé le développement de l’emploi intérimaire. La plupart des travailleurs qui ont perdu leur emploi en Suisse venaient des agences de placement helvètes. Et comme toujours, ce sont eux qui ont été licenciés en premier, confirmant ce rôle de main d’œuvre d’appoint. Une main d’œuvre à l’opposé des frontaliers plus anciens qui eux, sont intégrés dans les entreprises et sont indispensables à leur avenir. Au final, il ressort que la libre circulation a gommé les différences qui pouvaient exister auparavant entre les travailleurs frontaliers et les autres catégories de travailleurs. En libérant le marché de l’emploi, les accords bilatéraux ont effacé les particularismes du travail frontalier. Comme pour tous les travailleurs, le premier emploi se fait souvent par le biais de l’intérim. Cependant, les postes par intérim sont souvent les emplois les plus précaires.

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