Groupement Transfrontalier

Réagissons !

Pas vraiment une surprise. Ce dimanche, le peuple suisse a voté en faveur du renvoi des étrangers criminels. Une votation totalement subjective ; de nombreux articles et témoignages ont démontré que la situation ne changerait pas sur le fond. Mais là n’était pas la question. Comme pour les minarets l’an passé, nos voisins votent sur des problématiques qui n’existent pas ! La manipulation du parti d’extrême droite est en l’occurrence tellement évidente que l’on a du mal à comprendre comment ce pays peut se laisser piéger aussi facilement. La réponse se situe bien sûr dans son fonctionnement démocratique. La recette est vieille comme le monde. Dans un contexte économique et politique inquiétant, il suffit d’agiter quelques peurs ancestrales. Un bouc émissaire, l’étranger, un soupçon de racisme et un zeste de religion et la mayonnaise prend. Ajoutez alors un système démocratique ouvert, qui donne la parole au peuple et le tour est joué. Et c’est bien là que tous les démocrates se sentent en difficulté. Qu’il est dur parfois d’accepter et de comprendre la vox populi ! Beaucoup de Français dont je fais parti sont admiratifs du système politique helvète. Il demeure sans aucun doute l’un des plus démocrates au monde. Le peuple s’exprime souvent, la plupart du temps en conscience et les hommes politiques respectent ses votes. Il est évident que la même consultation populaire aurait donné le même résultat en France ou dans la plupart des pays européens. Ce type de vote illustre bien une dérive très inquiétante de nos sociétés occidentales. En l’occurrence, le peuple suisse ne fait qu’exprimer tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ! Il nous faut donc, non pas s’exprimer contre ces votes, mais chercher à lutter contre ces pensées réductrices et étroites qui amenuisent notre horizon. En se repliant sur eux-mêmes, en donnant à l’extérieur l’image d’un pays qui se ferme, la Suisse a de quoi nous inquiéter. Plus inquiétant encore, elle est le reflet de notre société européenne. «Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, mais l’indifférence des bons» disait Martin Luther King. Il est grand temps de réagir !

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