Groupement Transfrontalier

Le métèque qui a sauvé l’horlogerie suisse

Une fois n’est pas coutume, pour ce début d’année, nous avons choisi de vous parler d’un homme disparu en 2010 et qui a profondément marqué la Suisse ces dernières décennies. «Je vais vous parler d’un métèque, d’un bougnoule, d’un sale étranger, un pas de chez nous, un naturalisé… qui nous a sauvés !» Voilà comment David Laufer, chroniqueur au journal le Temps, a commencé sa chronique suite au décès de Nicolas Hayek, le charismatique patron du groupe Swatch. Car l’homme, qui a sauvé l’horlogerie suisse, est né en 1928 à Beyrouth. Après des études en France, il rejoint la Suisse en 1949. Et c’est dans les années 80, alors que l’horlogerie suisse est à l’agonie, qu’il crée un groupe horloger : la société suisse de microélectronique et d’horlogerie qui deviendra le groupe Swatch quelques années plus tard. Une réussite exemplaire qu’il a su mener grâce à deux coups de génie. Le premier, avec son sens inné du marketing, peut-être dû à ses origines libanaises, le lancement de la montre Swatch. Une montre mode, peu chère que l’on peut changer souvent en fonction des circonstances. Le succès incroyable de Swatch lui donnera la possibilité de développer son groupe en rachetant de grandes marques horlogères. Le deuxième coup de génie, et c’est là sans doute où la Suisse lui doit beaucoup, c’est d’avoir compris la valeur du Made in Swiss. Depuis des années, Nicolas Hayek se battait pour développer ce label. Aujourd’hui pour en bénéficier, une montre doit être fabriquée à 60% au pays, un taux qui devrait passer à 80%. Résultat de cette stratégie, les usines et les emplois sont restés et se sont développés en Suisse. Enfin, lors de la crise en 2009, il a annoncé publiquement que, tant que le groupe ferait un franc de résultat positif, il ne procéderait à aucune restriction de personnel. Un sacré encouragement pour ses salariés. Résultat, depuis la reprise, le groupe peut tourner à plein régime avec des effectifs au complet. Chapeau bas Monsieur Hayek et merci pour tous les frontaliers qui ont pu conserver leurs emplois !

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