Groupement Transfrontalier

Quand l’économie va !

Rien n’y fait, malgré la crise de 2009 qui n’a fait qu’effleurer la Suisse, malgré le franc suisse au plus haut qui pourrait pénaliser les exportations, malgré un contexte mondial compliqué, l’économie de notre voisin se porte comme un charme. Cette année le PIB devrait allègrement franchir les 2%. La consommation des ménages ne faiblit pas et cerise sur le gâteau l’endettement a diminué. En 2007, la dette de la Suisse représentait 46% du PIB, en 2011 elle n’est plus que de 38%. Pour info dans les pays de la zone euro la dette culmine à 84% et s’est accrue de 39% durant la même période ! La tribune de Genève a publié un article très intéressant sur le sujet. Les experts qu’elle a sollicités relèvent 4 facteurs clefs pour expliquer ce succès. Premièrement, la forte consommation des ménages. Une consommation qui s’explique par des revenus de salaire conséquent, un taux de chômage bas, et un crédit peu cher. Ensuite, les entreprises suisses exportent. Il y a bien sûr les grandes multinationales mais aussi tout un tissu de petites entreprises, dans des niches où le savoir faire et la qualité made in Swiss font merveille. L’horlogerie en est le plus bel exemple. Autre raison, les taux bancaires bas et enfin une administration publique légère. On l’oublie souvent mais les comptes publics sont parfaitement maîtrisés et il est inconcevable de laisser déraper la dette. Résultat : les cantons ou l’Etat peuvent ensuite investir et soutenir l’économie en cas de tension. Les conséquences pour nos régions frontalières sont évidentes. Jamais le nombre de travailleurs frontaliers n’a été aussi important et il devrait continuer à croître. Swatch et Zénith ont annoncé la construction de nouveaux sites de production, à proximité de la frontière, ce qui n’est évidemment pas un hasard. Reste un défi à relever, trouver du personnel qualifié. Pour cela, il est urgent de former. Les responsables politiques en France doivent impérativement prendre ces données en considération. Après tout, ne vaut-il pas mieux former des résidents pour qu’ils puissent trouver un travail que de les garder au chômage ! La réponse semble évidente mais elle n’est pas acquise !
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