Groupement Transfrontalier

Formation horlogère : l’impasse

Le constat est amer, les métiers de l’horlogerie ne font plus recette auprès des jeunes helvètes. Malgré des annonces de développement de plusieurs grands groupes, Swatch, Vacheron, etc., une situation de l’emploi dans le secteur plus que favorable, l’école technique de la vallée de Joux connaît une baisse de popularité. Car si les classes seront pleines à la rentrée, seulement 150 candidats se sont présentés cette année pour 180 l’an passé. Cette désaffection peut en partie s’expliquer par la crainte de la pérennité d’un métier lié au luxe qui a connu, ces dernières années, des hauts et des bas. Et puis, phénomène largement transfrontalier, les métiers manuels n’attirent plus les jeunes. Quelle solution dès lors pour pallier à ce déficit de main d’œuvre déjà connu aujourd’hui mais qui pourrait bien se développer dans les prochaines années ? Les professionnels et les responsables des cantons essaient de mieux faire connaître ces métiers. Les salons et forums se multiplient avec des résultats mitigés. Reste alors à se tourner vers la France voisine, déjà grande pourvoyeuse de main d’œuvre. Le lycée de Morteau reste un exemple de ce qu’il est possible et souhaitable de faire. Les jeunes, formés en France, avec l’appui des entreprises suisses n’ont aucun mal à trouver un emploi. Le plus dur étant plutôt de leur faire finir leur formation avant de répondre aux sirènes, de l’autre côté de la frontière. Pour le reste, la solution semble évidente côte français : puisque les entreprises suisses vont avoir besoin de main d’œuvre qualifiée, formons nos jeunes ou nos chômeurs. Une formation qui devrait leur permettre de trouver un emploi bien rémunéré tout en échappant au chômage. Plusieurs directeurs de maison de l’emploi, de Greta ou d’autres organismes de formation s’y sont risqués sans résultat. La réponse du politique étant toujours la même : "nous n’allons pas financer des formations pour la Suisse." Résultat, la France conserve précieusement ses chômeurs et l’horlogerie continuera longtemps à chercher du personnel qualifié !

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