Groupement Transfrontalier

VonRoll à la pointe du progrès social


« Nous avons été contraints et forcés par la direction de l’entreprise VonRoll, située rue de Moutier à Delémont, sous peine de licenciement [lettre de menace à l’appui] d’accepter d’être rémunérés en euros et ce, dès la fin janvier 2012. ». Voilà comment VonRoll remercie les travailleurs frontaliers qui, pour certains, ont contribué depuis de nombreuses années à l’activité de l’entreprise... On pourrait imaginer ce type de scénario dans quelques pays sans loi, sans protection, où les salariés sont corvéables à merci. Mais non, il ne s’agit pas d’un pays sous-développé socialement mais bien de la Suisse dont nous parlons ! Fort heureusement, ce type de pratique demeure exceptionnel et la plupart des patrons helvètes font preuve d’un peu plus de jugement et de considération pour leurs salariés. D’autant que VonRoll n’y va pas par quatre chemins. Non seulement, les salaires sont payés en euros mais aussi les allocations familiales, suivant un taux de change calculé et imposé par l’entreprise. Au passage toujours, cette si sympathique société impose à ses frontaliers d’ouvrir un compte en euros auprès d’une banque suisse, à leurs frais bien évidemment ! Et l’entreprise a encore le culot d’annoncer qu’elle a donné un temps de réflexion à ses salariés pour accepter ou pas cette aimable proposition. Chaque frontalier a reçu un avenant à signer ; sans retour, VonRoll considère que « nous sommes d’avis que vous n’êtes plus intéressé à poursuivre les rapports de travail avec ces nouvelles conditions. Dans ce cas, cette lettre est considérée comme une lettre de dédite au 31 décembre 2011 et nous allons entreprendre des recherches actives afin de repourvoir votre poste ». Et ce message de manager est signé du directeur et du responsable RH. Eh oui, il y a un responsable des ressources humaines chez VonRoll ! Evidemment, le Groupement dénonce cette pratique scandaleuse qui n’est pas digne d’un pays comme la Suisse. Nous allons faire passer cette information auprès des médias et contacter le conseil d’Etat. Michel Probst, conseiller d'Etat du canton du Jura, s’était prononcé contre cette pratique. En attendant, l’ambiance de travail et la productivité doivent être au top chez VonRoll ! Au moins les salariés savent désormais quelle considération leur porte leur employeur !
Imprimer l'article