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Lettre ouverte en réponse aux affiches du MCG

06/03/2015

Nous avons reçu il y a quelques jours, une lettre ouverte, écrite par une personne frontalière, en réponse aux affiches du MCG à Onex. Nous la partageons aujourd'hui et vous invitons à la faire circuler.
Lettre ouverte à la presse romande, et à travers elle, aux élus, aux citoyens.

"Je souhaite par la présente vous faire part de ma stupeur, de mon indignation, de ma tristesse et de ma peur surtout peut-être, en découvrant les affiches et les autocollants que la ville d’Onex se prépare a diffuser au sujet des frontaliers.
A quand la prochaine étape du brassard ou du F cousu sur l’habit de travail ?
Je suis française, infirmière, frontalière. On est venu me chercher il y a juste trente ans dans mon école à Lyon pour que je travaille dans ce qui était alors l’Hôpital Cantonal. Une des choses que j’y ai le plus apprécié fut de travailler là avec autant de professionnels de nationalités différentes.
J’ai rencontré celui qui est depuis mon mari. Suisse « de souche », il rêvait d’espace et de devenir propriétaire, moi de pouvoir travailler à temps partiel. Je suis devenue suisse, il est devenu français, nous sommes devenus frontaliers. Nos enfants sont bi nationaux, une partie de la famille est en Suisse, l’autre en France. Nous vivons avec inquiétude les incivilités croissantes contre les frontaliers.
Genève est notre ville. Nous y avons de la famille, des amis, nous y faisons une partie de nos courses (et oui..), nous y allons au cinéma, au théâtre, voir des expos, au restaurant comme de nombreux frontaliers soyez en sûr ! Dans notre petit village, à environ 20km de la frontière, que les gens soient frontaliers ou pas ils se considèrent vivant dans la région péri-urbaine de Genève. Nous vivons dans une région qui est celle du Grand Genève et qui a de nombreuses particularités dont celle d’accueillir une frontière laquelle crée de nombreuses difficultés mais aussi de nombreux bénéfices mais qui d’abord est une richesse dont nous devons tous être fiers.
J’aime tous mes patients quel que soit leurs origines et leur lieu de vie, d’ailleurs ceux qui sont originaires de la plus proche bordure de la France savent bien que cette fameuse ligne fut fluctuante. Notre région doit aimer tous ses habitants qui la respectent ! Nous avons tous quelque chose à nous apporter (travail, logement, compétence, culture…).
La démocratie clémente et tolérante doit savoir mettre des limites, nous avons pu vérifier cela en ce début d’année au vu des évènements tragiques de Paris et de Copenhague. Qui saura fermer son clapet aux forces brunes et nauséabondes qui envahissent et tachent notre territoire ?
Il est grand temps de réagir. La presse a toute sa responsabilité en cela : il faut des articles de fond qui explique a tous les citoyens de notre Romandie que ce ne sont pas les frontaliers qui sont source des maux de la classe populaire. Nos élus démocrates doivent se mobiliser ! Les frontaliers boycotter ces communes qui nous rejettent ! Au travail !"

Mme Farges


Cette lettre rencontre actuellement un grand succès sur notre page Facebook. Vous aussi faites la circuler et venez soutenir cette initiative.