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Les frontaliers ont de beaux jours devant eux

© lucien fortunati
21/10/2015

" Les chiffres sont têtus ! Parfois, ils viennent  contrecarrer les discours politiques, surtout les plus simplistes et caricaturaux.
Comme un peu partout en Europe, la Suisse n’échappe pas à la poussée des mouvements nationalistes  rejetant l’étranger. La limitation de la libre circulation des personnes, demandée par le peuple lors d’une votation en 2014, prouve combien le sujet peut être délicat à manier.
Et pourtant ! Une étude récente, publiée dans l’Hebdo, démontre une évidence : la Suisse vieillit et aura fortement besoin d’une immigration importante. Et pas dans cinquante ans ! Dans les 20 ans qui viennent, pour 100 personnes qui vont partir à la retraite il n’y a que 72 jeunes qui vont entrer sur le marché du travail. En 2015, la Suisse dispose de 3.5 actifs pour un retraité, en 2035 il n’y aura plus que 1.8 actif pour un retraité. L’augmentation du nombre de retraités, toujours sur la même période bondira de 60% !

En réponse à ces données, certains ont trouvé la solution. Il suffit de supprimer les temps partiel, que toutes les femmes qui ne travaillent pas soient remises sur le marché du travail, ainsi que les chômeurs, sans oublier de prolonger l’âge du départ à la retraite. En faisant tout cela, il est vrai que la Suisse pourrait se passer d’une bonne partie de la main d’œuvre supplémentaire. Je ne suis pas convaincu que cette perspective suscite l’enthousiasme de nos voisins ! D’autant qu’il faudrait aménager quelques centaines de milliers de places d’accueil pour les enfants.
Bref, les élites helvètes ont beau tourner le problème dans tous les sens, seul un apport substantiel de main d’œuvre étrangère peut fournir une solution crédible.

Problème, dans le contexte actuel, une telle position devient suicidaire électoralement. Mais nos voisins nous ont prouvé à maintes reprises qu’ils savent être pragmatiques. Lorsque la génération des baby-boomers va quitter le marché du travail, ils sauront réagir.

Quant aux travailleurs frontaliers, ils vont apparaître de plus en plus comme la solution parfaite, du moins à proximité de la frontière. Pas de doute, pour eux, le beau temps menace comme disent les Helvètes ! "


Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, cet article a été publié le 19 octobre 2015 sur le Dauphiné Libéré.


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