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" Messieurs les Anglais, partez les premiers ! "

©GTE
01/03/2016

Pour tout européen convaincu eh oui il en existe encore, le Brexit que nous proposent nos amis anglais a de quoi décourager.
Il exprime une vision étroite et individualiste de l’Europe. Une union, quelle qu’elle soit, ne peut comporter que des avantages et doit s’inscrire dans la durée. Vouloir les avantages en laissant les inconvénients aux autres ne peut être acceptable.

Effet collatéral de ce Brexit, nos voisins se sont montrés très intéressés par cette évolution. Coincés entre la votation populaire imposant une remise en cause de la libre circulation des personnes et les intérêts économiques du pays, ils se verraient bien jouer une partition à l’anglaise !
Immédiatement après les accords obtenus par le Premier ministre anglais, les articles et les prises de position politiques ont fusé dans la douce Helvétie. La Suisse imaginant un scénario So british.

La réponse de l’Europe a été cinglante. Bruxelles a rejeté toute restriction possible de la libre circulation des personnes, précisant que l’introduction de quotas n’entre pas en ligne de compte. Les diplomates européens ont aussi rappelé aux Helvètes que leur pays ne faisant pas partie de l’Union européenne, il ne pourra être traité comme un pays membre, à l’instar de la Grande Bretagne.

Reste que le résultat du vote anglais, le 24 juin prochain, risque d’être déterminant pour l’avenir des relations Suisse-Union européenne. En cas de vote positif, le départ des Anglais entraînera certainement un durcissement vis-à-vis de la Suisse et parallèlement une montée de la pression anti Europe dans le pays. Si les Anglais partent les premiers, les Suisses pourraient bien sortir par la petite porte avec toutes les conséquences que l’on peut craindre pour nos régions frontalières.


Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, cet article a été publié le 29 février 2016 sur le Dauphiné Libéré


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