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Mon si cher franc

04/07/2016

Depuis le Brexit de la semaine dernière, ils sont très, très nombreux à surveiller de près l’évolution du Franc suisse. Outre les investisseurs classiques, les travailleurs frontaliers, qui perçoivent leurs salaires en francs, sont évidemment concernés.
Car la question taraude tout le microcosme économique et financier de notre voisin. Comment va évoluer le franc face à une livre sterling qui a perdu son statut de valeur refuge ?

Même si elle se fait discrète, la Banque National Suisse est à la manœuvre. Il faut dire que Economiesuisse, l’association faîtière des entreprises helvètes, a mis la pression.
Le franc suisse ne doit pas passer en-dessous de la barre de 1.10 franc pour un euro. Facile à dire, mais pas forcément à tenir. Il faut dire que pour un investisseur, le franc présente deux avantages majeurs. Premièrement, si la BNS réussit à maintenir le cours, les risques de perte sont minimes.
Le franc devrait continuer à fluctuer entre un taux de 1.10 à 1.20. Par contre, si jamais la BNS ne tient pas la pression alors là, ce peut être le jackpot. Un scenario qui attire de plus en plus d’investisseurs, ce qui rajoute encore plus de pression sur la monnaie helvète et donc sur la banque centrale.

Pour les travailleurs frontaliers, qui ont tous en mémoire le bond du franc suisse en janvier 2015, l’effet d’aubaine pourrait se renouveler. Et j’en connais quelques-uns qui interrogent très régulièrement le site du Groupement ou l’application smartphone pour suivre, au plus près, l’évolution du taux.

Il n’en reste pas moins qu’une nouvelle revalorisation du franc par rapport à l’Euro serait une bonne nouvelle à court terme, sûrement pas à moyen ou long terme. L’économie suisse subirait là, en même pas deux ans, un second choc. Si le premier a pu être absorbé sans trop de mal, le second pourrait être beaucoup plus violent.

Les conséquences sur l’emploi en général et plus particulièrement sur celui des frontaliers seraient alors lourdes.  Nous n’en sommes pas encore là, mais le Brexit anglais n’a pas fini de secouer l’Europe, Suisse comprise.



Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, cet article a été publié le 2 juillet 2016 sur le Dauphiné Libéré.

Rendez-vous à la semaine prochaine pour un nouvel épisode de #LaChroniqueDuFrontalier.