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L’art de se tirer une balle dans le pied !

31/08/2016

« Aux TPG, les frontaliers sont plus souvent malades que les résidents ». Voilà bien le type d’argutie que l’on s’attend à entendre dans une conversation de bistrot, un peu moins dans un article d’un journal aussi sérieux que le Temps.
D’autant que l’auteur n’hésite pas à grossir le trait en ajoutant que le taux d’absentéisme des frontaliers est supérieur de 20% à celui des résidents alors que l’étude en question annonce un taux de 10% pour les uns et de 8.4 % pour les autres. 

Plutôt que de chercher d’où peut venir cet écart, Le Temps se précipite chez un élu du Mouvement des Citoyens Genevois, parti ouvertement anti frontalier, qui n’hésite pas à affirmer que « certains employés frontaliers croient qu’ils ont droit à être malade, et que s’ils ne l’ont pas été, ils vont récupérer des jours ». Plus c’est gros, mieux c’est !

La teneur d’un tel article, aussi ouvertement orienté, devrait presque nous faire sourire. Malheureusement, il reflète les conséquences d’une politique dite « de préférence cantonale »  qui n’en finit pas de dégrader le climat au sein de la société genevoise.

La vérité aux TPG est bien plus simple et inquiétante. Suite à la votation du peuple contre l’augmentation des tarifs et à la politique de l’Etat,  les TPG n’ont plus embauché de frontaliers depuis trois ans.
Résultat, la compagnie, malgré tous les efforts de l’Office cantonal de l’emploi, n’arrive pas à recruter de nouveaux chauffeurs. Le service se dégrade. Depuis le début de l’année, 500 jours de conduite n’ont pu être assurés par manque de chauffeurs. Certains matins, des bus ou des tramways restent au dépôt, faute de conducteurs !

En mettant en avant une notion de préférence cantonale ou nationale plutôt que de compétences nos voisins se sont mis une belle balle dans le pied. Il aurait été bien plus judicieux d’affirmer haut et fort que l’Etat va développer un programme de formation efficace auprès des chômeurs locaux, voire même d’apporter des aides financières pour leur embauche. Et lorsque cela ne suffit pas d’embaucher du personnel compétent venant d’ailleurs.
C’est ce que les TPG vont devoir faire, avec retard !




Rédigé par Jean-François Besson, Secrétaire général du GTE, cet article a été publié le 29 août 2016 sur le Dauphiné Libéré.

Rendez-vous à la semaine prochaine pour un nouvel épisode de #LaChroniqueDuFrontalier.