Groupement Transfrontalier

Bâle aime ses frontaliers

« Je n’ai jamais entendu qui que ce soit, dans la classe politique et la population à Bâle, exprimer des sentiments hostiles aux frontaliers, travailleurs ou simples visiteurs. Je suis fier de cette bonne cohabitation et suis désolé de voir que ça dérape sur ce sujet à Genève », Guy Morin, le Président du Conseil d’Etat de Bâle Ville ne pouvait être plus clair dans les colonnes du journal Le Temps. Contrairement à ce que les Hauts savoyards et les Gessiens ont pu vivre ces dernières semaines, le climat à l’encontre des travailleurs frontaliers, qu’ils soient allemands ou français, semble beaucoup plus serein dans la cité rhénane. Et pourtant, le pourcentage de travailleurs frontaliers est sensiblement le même : 20 % de la population active tout de même. Alors comment expliquer cette différence entre deux cantons qui vivent la même problématique ? A cette question, Guy Morin avance plusieurs hypothèses qui pourraient faire réfléchir les élus du bassin genevois. D’abord, il est exact que le chômage est un peu moins important à Bâle. Comme Genève, le canton connaît le phénomène frontalier depuis des décennies, un phénomène plus complexe puisque les travailleurs viennent de France et d’Allemagne. La différence se fait essentiellement au niveau de la collaboration et de l’engagement des élus. Une collaboration tri nationale mise en place dans les années 60 et dynamisée par la création de l’Eurodistrict. Il est d’ailleurs à noter que les autorités bâloises souhaitent régulièrement la bienvenue aux étrangers voisins. Il y a belle lurette qu’un conseiller d’Etat genevois ait osé faire cette démarche ! Mais les bonnes paroles ne suffisent pas. Bâle dispose d’un réseau de transports en commun avec un réseau RER qui passe la frontière, les problématiques de saturation de la ville n’ont pas du tout la même importance que dans la cité de Calvin. Et puis les entreprises n’hésitent pas elles aussi à passer la frontière pour créer des centres de production en France ou en Allemagne. Un dialogue positif, un RER qui passe la frontière et des entreprises qui ont un pied de chaque côté, voilà la recette des Bâlois pour vivre en harmonie avec leurs voisins, une belle leçon pour les Genevois ! Imprimer l’article