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Recherche personnel médical en Suisse

15/12/09

Le phénomène était connu mais cette fois il est chiffré. La Suisse manque de personnel hospitalier et son système de santé ne fonctionnerait pas sans les étrangers. Dans certains hôpitaux, en particulier ceux des cantons frontaliers, la part des collaborateurs étrangers dépasse les 50% et il manque chaque année 2400 nouveaux diplômés pour compenser les départs et combler les besoins supplémentaires. Lire la suite de l’article



La Conférence suisse des Directeurs de la Santé (CDS) a récemment présenté les conclusions d’un rapport établi en collaboration avec OdASanté, l’organisation faîtière de la formation professionnelle dans le domaine des soins. Le rapport s'intéresse aux 170 000 personnes non universitaires sur les près de 200 000 actives dans le domaine de la santé. Quelque 60% travaillent en hôpital, 30% en établissements médico-sociaux (EMS) et 10% dans les aides et soins à domicile (spitex).


Le système de santé suisse fonctionne grâce aux étrangers, qui constituent un tiers du personnel hospitalier.

En Suisse romande, notamment dans les cantons frontaliers, la proportion de personnel hospitalier atteint 55%. Le recrutement à l'étranger est une solution utilisée par de nombreux établissements hospitaliers.La Suisse ne forme que deux tiers du personnel de santé dont elle a besoin, et elle ne pourra pas toujours compter sur les étrangers. Les directeurs cantonaux de la santé et l’OdASanté veulent par conséquent réduire cette dépendance en assurant la relève en Suisse.


Des besoins croissants à l’avenir

Avec le vieillissement de la population, les besoins ne feront qu'augmenter en matière de soins infirmiers, thérapeutiques et médico-techniques. Si la différence entre les besoins annuels de relève et les diplômes délivrés est d'un tiers, on arrive à près de la moitié dans les soins infirmiers. En chiffres absolus, il manque 2400 diplômé(e)s chaque année dans ce secteur. Les besoins actuels en relève dans les professions de la santé sont estimés entre 13 000 et 16 000 personnes par année. En 2020, il faudra 25 000 professionnels de plus qu’aujourd’hui.


Un réservoir à l’étranger qui s’assèche

Phénomène aggravant, la solution du recours à l’immigration, utilisée par la plupart des établissements de soins, est en péril. Non seulement ce réservoir n’est pas extensible, mais il s’assèche. Comme les autres pays seront, tôt ou tard, également touchés par la pénurie, la Suisse ne pourra plus engager autant de personnes formées à l'étranger.


Quelles solutions pour la Suisse? Anticiper, former davantage, fidéliser le personnel, améliorer les conditions de travail.

Pour la CDS comme pour OdASanté, chaque canton doit prendre des mesures pour augmenter le nombre de diplômés, par exemple en finançant de nouvelles places de stage et en soutenant les institutions de formation.

Les femmes représentent 80% de ces effectifs. Dans la mesure où les formations sont longues, il faut anticiper. Or, l'évolution démographique laisse présager une forte baisse du nombre de jeunes arrivant en fin de scolarité, avec des effets marqués dans la formation professionnelle initiale.

Leurs conditions de travail doivent être améliorées, notamment en créant des places de crèche, en permettant les temps partiels ou en augmentant les salaires.


Source : "Rapport national sur les besoins en effectifs dans les professions de la santé" de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS) et OdASanté.



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