Groupement Transfrontalier

Un milliard de populisme

Décidément, nous avons beau connaître le fonctionnement politique de nos voisins, ils ne cesseront pas de nous surprendre, voire quelques fois de nous irriter. A peine une année après que le peuple suisse se fut clairement prononcé, à deux reprises, en faveur des accords bilatéraux entre leur pays et l’Union européenne, voila qu’une nouvelle votation risque de remettre en cause la politique européenne de la Confédération. En marge des accords bilatéraux, l’Union européenne avait demandé aux pays de l’AELE (Suisse, Norvège, Islande et Liechtenstein) de contribuer financièrement à l’effort qu’elle fait vis-à-vis des dix nouveaux pays de l’Est pour accélérer leur développement. Un effort que l’Europe avait fait lors du premier train d’élargissement avec les pays du sud de l’Europe et de l’Irlande et avec le succès que l’on connaît aujourd’hui. Comme toujours, la Suisse a âprement négocié les conditions de sa contribution. Le milliard promis ne sera pas versé dans le fonds de cohésion européen, mais la Suisse pourra sélectionner et mettre en œuvre elle-même les projets par le biais d’accords cadres conclus avec chacun des dix pays. En clair, cela signifie que c’est la Suisse qui va décider où va l’argent et on peut faire confiance à nos voisins pour que les intérêts du pays ne soient pas oubliés ! Difficile d’imaginer meilleur compromis d’autant que la somme est loin d’être démesurée, l’UE a débloqué 33 milliards de francs pour cette aide et la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein se sont engagés à verser chacun 1.9 milliard de francs. Et pourtant, l’UDC, les démocrates et La Lega dei Trinesi ont obtenu suffisamment de voix pour déclencher un référendum contre la loi fédérale sur la coopération avec les états d’Europe de l’Est. Nous voilà donc repartis pour une énième campagne populiste. Pas besoin d’être devin pour affirmer que, une fois de plus, nous allons aborder l’Europe par le petit bout ! Que les étrangers et les frontaliers vont être mis au ban ! Que les démagogues de tout poil, à gauche comme à droite, vont s’en donner à cœur joie et qu’il faudra beaucoup de courage aux suisses pro européens pour faire entendre leur position. Il faudra bien quand même qu’une bonne fois pour toutes, nos amis suisses choisissent. A force d’être sans être, on finit par fatiguer même les partenaires les plus conciliants. Imprimer l'article