Groupement Transfrontalier

Un syndicat made in Switzerland !

«Nous revendiquons une baisse du prix de l’électricité, une réduction des taux de crédits bancaires accordés aux PME et la levée des barrières aux importations directes de pièces et de matériaux !». Voilà bien un cahier de revendications patronales qui ne surprend guère. Sauf que, chez nos voisins helvètes, ce catalogue émane du plus grand syndicat ouvrier UNIA. Et oui, allez comprendre, c’est le monde à l’envers ! Le syndicat qui se préoccupe de la compétitivité des entreprises. Et pourtant, c’est bien ce qui ressort du programme de 64 pages émis pour la branche Arts et Métiers. Un syndicat qui, après de longues discussions, parfois vives, a choisi de passer d’une logique de revendications à celle d’un partenariat étendu aux préoccupations financières de l’entreprise. Alors pourquoi Unia a-t-il choisi de se mettre à la place du comptable plutôt qu’à celle de l’ouvrier ? Le syndicat aurait-il renié ses origines, se serait-il vendu au patronat ? Evidemment non, s’il veut aider les patrons à réduire leurs coûts de production, c’est bien pour qu’ils dégagent des fonds afin d’augmenter les salaires ! Une logique toute helvétique qui ferait s’étouffer plus d’un syndicaliste ou un patron français. Dans le secteur des Arts et Métiers qui regroupe des employés de garage et des ouvriers du second œuvre du bâtiment, les prix des pièces ou des matériaux sont souvent très élevés et de nombreux intermédiaires interviennent dans ce processus ; augmentant ainsi les charges de l’entreprise. Sur ce chapitre des fournitures de matériaux par exemple, Unia défend le principe dit du "Cassis de Dijon" qui prône que lorsqu'un produit est reconnu par un pays de l’Union européenne, il l’est pour tous les autres, sans restriction. Une logique totalement opposée à la règle des cartels qui sévit encore bien souvent en Suisse. Mais Unia reste un syndicat suisse et il est parfois difficile d’aller jusqu’au bout de la logique. Un des chapitres du programme précise que le principe dominant de l’économie doit reposer sur la production intérieure de multiples produits et sur un degré élevé d’autarcie. Il ne faudrait quand même pas exagérer ! Imprimer l'article