Groupement Transfrontalier

Euro / Franc suisse : qui perd gagne !

Dur dur d’être frontalier et européen ! Un euro fort par rapport au Franc suisse et c’est une partie du pouvoir d’achat qui diminue. Mais un Franc suisse faible et ce sont les capacités d’exportation des entreprises helvètes qui se développent et donc la garantie de l’emploi. Une chose est certaine, l’évolution de la parité entre le Franc suisse et l’Euro a des conséquences directes pour chaque travailleur frontalier. Or, à part pour ceux qui savent lire dans une boule de cristal, bien malin qui peut prédire cette évolution ! Heureusement, nous commençons à avoir un petit historique entre ces deux monnaies puisque, faut il le préciser, l’Euro est une toute jeune monnaie. Premier constat, depuis six ans, les taux sont restés dans ce que les analystes financiers appellent un tunnel, entre 1.60 et 1.45. Les taux les plus bas en 2001 et 2002 correspondent aux grands évènements mondiaux, attentat du 11 septembre à New York et guerre en Irak, prouvant ainsi la notion de valeur refuge du Franc suisse. On peut donc affirmer sans trop de risques que, en cas d’instabilité dans le monde, le Franc suisse remontera par rapport à l’Euro. Deuxième constat, tous les spécialistes pensent que l’Euro est aujourd’hui surévalué, particulièrement par rapport au dollar. Un dollar qui, devient de plus en plus une valeur de référence. Un réajustement de l’écart pourrait faire monter le Franc suisse. Troisième constat qui ne fera pas forcément plaisir à nos voisins, le Franc suisse est une petite monnaie à l’échelle du monde. La banque fédérale a beau monter ses taux, rien n’y fait. Ils sont passés de 0.50 en moyenne en 2004 à 1.50 actuellement pour lutter contre l’inflation et malgré cela, l’encéphalogramme reste plat, bloqué entre 1.53 et 1.58. L’évolution du Franc dépend beaucoup plus de l’Euro que l’inverse ! En conclusion et puisqu’il faut de temps en temps savoir prendre des risques, on peut penser que le Franc suisse a encore de beaux jours devant lui. Pour que le Franc s’affaiblisse, il faudrait que la croissance européenne reparte fortement sans remontée des taux et que l’économie suisse stagne. Lorsque l’on connaît l’interdépendance de l’économie helvète avec l’Europe ce scénario semble difficilement imaginable. Par contre, envisager une économie mondiale chahutée par des crises et / ou un euro se rapprochant du dollar semble beaucoup plus probable. Comme quoi, le malheur des uns peut faire le bonheur des autres ! Article rédigé avec l’aide précieuse de Patrice Levet cambiste auprès de la Banque populaire des Alpes. Imprimer l’article