Groupement Transfrontalier

Amertume

L’année s’achève sur un sentiment profond de malaise chez beaucoup de travailleurs frontaliers. Pourquoi ne pas le dire, nous avons attendu le 1er juin 2004 et la libre circulation des personnes avec une bonne dose d’optimisme et de gaieté. Enfin, sur nos régions frontalières allait souffler un vent de liberté, d’échanges et de solidarité. Des sentiments d’autant plus forts et crédibles que la situation économique semblait on ne peut plus favorable avec une économie suisse en pleine euphorie. Hélas, nous avons oublié que la liberté a un prix et que ce prix peut, quelques fois, être très élevé ! Certes, ne tombons pas dans le catastrophisme, il ne s’agit pas ici de comparer la situation des régions frontalières riches et prospères avec d’autres endroits du monde où, bien évidemment, le mot liberté a un tout autre sens. Mais c’est aussi pour cela que cette situation est rageante. Nous sommes des privilégiés : suisses et français habitants ces régions frontalières. L’économie de part et d’autre se porte bien, les taux de chômage sont bas, nos élus ont les moyens de développer des politiques adaptées. Bref, nous sommes enviés par nombre de régions ou de pays de part le monde. Et pourtant, quel constat tirer de ces deux années ? Une montée en flèche du nationalisme, des partis ou des mouvements politiques xénophobes pour certains, au mieux timides sur la question pour les autres. Le quotidien de nombreux frontaliers est fait de remarques, de réflexions désobligeantes. Rien que pour cette année, nous avons été accusés de prendre, voir de voler le travail des suisses, de polluer, de ne pas payer nos amendes. Bien sûr que tous nos amis suisses ne pensent pas tous comme cela, mais il faut bien le reconnaître ces discours ont trouvé un écho indéniable. Alors les frontaliers en ont quelquefois marre. Au fond de soi, chacun rêve d’une journée sans frontaliers ! Juste pour montrer que sans frontaliers, plus de bus, plus d’hôpital, plus d’informatique, plus d’entreprise… Bref, pour dire à nos voisins que nous leur apportons notre force de travail, notre compétence, notre enthousiasme et que sans les frontaliers, l’économie des zones frontalières ne serait certainement pas ce qu’elle est aujourd’hui. Et que, comme toujours c’est en se respectant, en dialoguant et en cherchant des solutions ensemble que nous pourrons faire évoluer nos régions, pour le bien de tous ! Il y a encore beaucoup de travail !!! Imprimer l'article