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Grippe aviaire ou l'art d'anticiper

Selon l’organisation mondiale de la santé, il existe 90% de probabilité qu’une pandémie de grippe aviaire survienne dans les cinq prochaines années. Une fois la Suisse touchée, deux semaines suffirons pour que tout le pays soit contaminé. Nos voisins ont une grande qualité, ils n’hésitent pas à regarder les problèmes en face. « Une pandémie de grippe aviaire pourrait rendre malade le quart de la population du canton soit 110 000 personnes. En douze semaines, elle causerait la mort de 200 à 500 personnes dans notre seul canton ». En présentant le plan de lutte mis en place à Genève contre la grippe aviaire, Pierre Antoine Gobet, le directeur du département de la santé, n’a pas fait dans la demie mesure. Mesure phare du plan, vacciner 500 000 personnes, dont les travailleurs frontaliers, en moins de 15 jours. Les autres cantons suisses suivront le même plan. La Suisse est le premier pays à avoir fait le choix de se doter de vaccins pré pandémiques pour toute sa population. Mais vacciner plus de sept millions de suisses demande une organisation impeccable. Il faut stocker les produits, trouver des lieux de vaccinations, tenir des registres… Quant aux administrations elles devront continuer à travailler. L’Etat a donc demandé à chacune de prévoir un plan de fonctionnement avec 30 % de personnel en moins, il faut réduire les prestations à l’essentiel. Une demande faite désormais auprès de toutes les entreprises. Ne devront rester en activité que le personnel absolument nécessaire. Et ces mêmes sociétés doivent se constituer des stocks de masques suffisant pour tous leurs salariés. Mais la réflexion ne s’arrête pas là, le plan Osiris prévoit les mesures à prendre pour maintenir l’ordre public, assurer les communications, continuer à produire de l’énergie… Une débauche de moyens qui interpelle. Ou bien nos voisins sont des angoissés qui dramatisent la situation, ou alors un peuple prudent et responsable qui applique le fameux principe de précaution, si cher à nos élus ces dernières années. Quand à la France, avant de pouvoir s’attaquer à la lutte contre la grippe aviaire, il faudra d’abord qu’elle guérisse de la grippe électorale !
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