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Viens casser la marmite !

Au cas où l’un de vos amis genevois vous invite à venir casser la marmite chez lui, en ce début du mois de décembre, méfiez-vous ! Il se pourrait que derrière cette invitation, se cache une certaine perfidie ! Car si nos amis cassent la marmite c’est bien pour fêter la victoire des Genevois sur les Savoyards. Dans la nuit du 11 décembre 1602, le duc Charles Emmanuel de Savoie décide d’attaquer Genève par surprise. Venus depuis La Roche sur Foron, près de 2 000 soldats se présentent aux pieds des murs de la ville, munis de grandes échelles pour escalader les remparts. Malheureusement pour les assaillants, ils sont entendus. Un coup d’arquebuse donne l’alerte à la population. Tous les genevois s’emparent alors de leurs armes et se ruent pour défendre leur ville. Tout le peuple se bat parfois avec les moyens du bord. Et c’est ainsi que l’épouse de Pierre Royaume a expédie sur la tête d’un assaillant une marmite pleine de soupe. L’histoire ne dit pas ce qu’il est advenu de l’assaillant, ni si la soupe brûlante a fait reculer l’ennemi, mais elle a retenu ce fait d’arme ! La marmite de la Mère Royaume est entrée dans l’histoire de Genève. Et depuis, chaque année, les chocolatiers genevois fabriquent de superbes marmites en chocolat remplies de délicieux légumes en pâte d’amande. La tradition veut que l’on casse la marmite le soir du 11 décembre en famille ou avec des amis. Quant à l’histoire véritable, elle s’est traduite par une défaite cuisante des Savoyards qui, au petit matin, ont du fuir. Le point positif étant que cette défaite a permis la conclusion en 1603 d’un traité de paix, le traité de Saint Julien et qui depuis, n’a jamais été remis en cause. Voila pourquoi nos voisins -qui soi dit en passant, n’ont pas beaucoup d’occasions de fêter des victoires car ils n’ont pratiquement pas connu de guerres- en profitent pour faire la fête. Course à pieds, défilés, reconstitutions historiques donnent à Genève, en ce début décembre, un petit air de village médiéval. Alors, si vos amis genevois vous invitent, n’hésitez pas. Vous vous régalerez en passant un bon moment. Et puis 1602 c’est tellement loin !
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