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Le cervelas mobilise les Suisses

Le sujet a fait la Une des journaux helvètes. Le Temps lui a consacré sa couverture, la Tribune de Genève deux pleines pages. Les deux lançant un appel à la mobilisation générale : il faut sauver le cervelas suisse ! La saucisse la plus populaire chez nos voisins, qui en consomment tout de même 160 millions d’exemplaires par an, est menacée de disparition. Une disparition synonyme de drame national particulièrement pour les Suisses allemands, gros consommateurs de la saucisse. Un drame d’autant plus poignant que nous sommes à quelques mois de l’Eurofoot. Imaginez un grand match de football sans pouvoir déguster une bonne saucisse grillée, inconcevable ! Mais qui peut bien menacer la saucisse emblématique ? Le coupable : c’est le boyau de zébu, mais attention pas n’importe quel zébu, il s’agit du zébu brésilien. Avec ses boyaux, les fabricants peuvent faire une saucisse parfaite, d’une taille suffisante, avec une peau résistante, pas trop grasse et dotée d’une jolie couleur. Mais problème, les exportations de boyaux de zébu brésilien sont interdites, la faute à l’encéphalite spongiforme. Et les stocks s’épuisent. Pour les remplacer nos voisins ont tout essayé : boyaux de porc, boyaux de zébus d’autres provenance, et même boyaux synthétiques ; aucun ne convient. Pour les vrais amateurs de cervelas que sont nos voisins, rien n’égale le boyau brésilien ! Dès lors, il a fallu mobiliser l’Office vétérinaire fédéral. A lui de négocier avec l’Union européenne une dérogation permettant l’importation de ces fameux boyaux brésiliens, en apportant bien entendu toutes les garanties de sécurité alimentaire nécessaire. Une négociation difficile, il ne sera sans doute pas évident de prouver aux spécialistes européens de la sécurité alimentaire de l’absolue nécessité du retour de ses fameux boyaux. A moins bien sûr de tomber sur un véritable amateur ! Mais il y a urgence, la réussite de l’Eurofoot est en jeu. Si le supporter helvète ne peut déguster son cervelas grillé au feu de bois en regardant le match, nul doute qu’il perdra beaucoup de sa saveur !
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