Groupement Transfrontalier

A l’école du fédéralisme

Et oui, c’est la rentrée scolaire pour des milliers de petits français qui retrouvent le chemin de l’école. Chez nos voisins, il s’agit déjà d’une histoire presque ancienne. Certains ont déjà repris les cours depuis le 10 août dernier, alors que d’autres seulement depuis le 31 ! Pour comprendre, il faut imaginer comment fonctionne un Etat fédéraliste. Et pour les Français, habitués au centralisme parisien, la démarche est loin d’être évidente. D’abord, chaque canton est un Etat. Un Etat qui délègue des pouvoirs à la confédération et non l’inverse. Et les cantons ont gardé des prérogatives importantes. La fiscalité par exemple. Les impôts ne sont pas les mêmes selon les cantons et leur politique fiscale crée souvent des tensions fortes entre les gouvernements. Autre exemple encore plus incompréhensible : la scolarité. Chaque canton détermine son propre cycle de formation. Ainsi les calendriers scolaires sont complètement différents, les vacances d’été restant l’aspect le plus surprenant. Un petit Zurichois a eu cet été à peine plus d’un mois de vacances : du 12 juillet au 17 août alors qu’un petit Tessinois lui, a connu plus de deux mois de congés du 21 juin au 31 août ! Quant aux Genevois, ils ont un calendrier proche des Français : du 28 juin au 24 août. Mais le particularisme cantonal ne s’arrête pas là en matière scolaire, loin sans faut. Les programmes ne sont pas les mêmes et les livres scolaires sont spécifiques à chaque canton. On comprend mieux pourquoi l’identité cantonale demeure si présente chez nos voisins. Dès leur plus jeune âge, tout leur programme scolaire intègre la dimension régionale. Un particularisme qui va tellement loin que la durée de scolarisation peut être différente. Genève se démarquant avec un cycle au collège (l’équivalent de notre lycée) de 4 ans avant la maturité (le bac en France). Dans tous les autres cantons, trois ans suffisent ! Je vous laisse imaginer le casse-tête des parents qui ont des enfants scolarisés dans plusieurs cantons. Sans compter qu’il existe des cantons protestants et des cantons catholiques avec des fêtes religieuses et donc des jours fériés qui peuvent être différents ! Le fédéralisme n’est pas toujours synonyme de simplicité !
Imprimer l’article