Groupement Transfrontalier

La science ménagère au secours de la natalité !

Contrairement à la France, le taux de natalité en Suisse demeure trop faible pour assurer le simple renouvellement de la population. Hommes politiques, experts, tous ont leur solution ! Solutions qui, depuis plusieurs décennies, ont échoué ! La réponse se trouve peut-être dans un ouvrage paru à l’automne dernier, écrit par Tamlin Schiber, jeune historienne sur l’enseignement ménager dans le canton de Vaud. L’auteure nous apprend que, durant plus d’un siècle, de 1834 à 1984 pour être très précis, la scolarité dans le canton de Vaud intégrait des cours d’enseignement ménager. En 1930, les jeunes filles de 15 ans qui arrêtaient leurs études, devaient obligatoirement suivre une année d’enseignement ménager. Une année scolaire avec 42 heures de cours par semaine pour devenir une véritable fée du logis, toute dévouée au bonheur de son mari et de ses enfants. Il faut dire que l’enseignement ménager était élevé au rang de science : la science ménagère ! Une science qui n’oublie aucun détail ; la chimie pour les produits de nettoyage, les techniques de conservation des aliments, les notions d’hygiène et bien sûr les cours de cuisine. Car, c’est bien connu, la table est primordiale pour conserver un bon esprit familial et éventuellement garder son mari ! Mais cette formation avait aussi pour but -et ceci très officiellement- d’éveiller l’instinct maternel des jeunes filles. Les cours de puériculture, parfois donnés avec de vrais bébés, devaient faire prendre conscience aux jeunes filles «de l’importance d’être mère». A partir des années 70, la société évolue, les cours ménagers, d’abord rendus plus "light", disparaissent finalement en 1984. Il ne reste plus aujourd’hui que quelques heures d’économie familiale ouverte aussi bien aux garçons qu’aux filles. Relancer les cours de science ménagère pour dynamiser la natalité helvète est évidemment une boutade. Fort heureusement, l’égalité entre les sexes est devenue une réalité. Sauf à entamer un retour en arrière inimaginable, les hommes et les femmes politiques suisses vont devoir faire preuve d’imagination, ou faire appel à l’immigration, mais chut, ça, il ne faut pas le dire !
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