Groupement Transfrontalier

Secours aérien : solidarité et pragmatisme

Un hiver exceptionnel pour les skieurs, et beaucoup de travail pour les sauveteurs ! En France, lors d’un accident de ski ou de montagne, on a l’habitude de faire appel, soit à la sécurité civile -c’est l’hélicoptère rouge-, soit à la gendarmerie -c’est l’hélicoptère bleu-. En Suisse, c’est celui de la Rega qui intervient si nécessaire. Un système de secours complètement différent du nôtre. En fait, la Rega ou garde aérienne suisse de sauvetage est une fondation indépendante d’utilité publique. Elle est membre de la Croix rouge suisse. Bien entendu, sans but lucratif, elle ne touche aucune subvention publique. Créée en 1952, la Rega dispose de dix bases en Suisse dont une à Genève et une autre à Lausanne. En 2007, ces deux bases ont réalisé près de 1.500 missions de sauvetage. L’originalité de la Rega réside dans son mode de financement. Il est basé sur les dons ! Chez nos voisins, le secours aérien représente une véritable institution. Près de 2 millions de Suisses, soit pratiquement un sur quatre, sont membres bienfaiteurs. Il faut dire que les cotisations minimales sont très raisonnables : 30 francs suisses pour une personne seule, 70 pour un couple avec enfants. Une cotisation qui assure la gratuité du secours en cas d’accident, dans la plupart des cas. Voilà le principe de nos voisins : allier la solidarité si chère aux gens de montagne au pragmatisme helvétique. Et pour ceux qui ne sont pas membres, en cas de secours, ce sera à leur assurance ou à eux même de payer les frais. Une forme de financement unique qui permet de faire participer modestement tous ceux qui pratiquent la montagne sur la base du volontariat et de l’engagement. Pour les autres, à eux d’assurer ! Un type de fonctionnement qui éviterait bien des polémiques en France où, faut-il le rappeler, les secours sont gratuits et pris en charge par l’Etat et les collectivités publiques. Quant aux secouristes, qu’ils soient d’un côté ou l’autre de la frontière, ils sont toujours admirés et ne changeraient pour rien au monde leur métier. Il faut dire que, comme l’affirmait, dans un article paru dans la Tribune de Genève, l’un des secouristes survolant le lac Léman en rentrant d’une mission : «nous avons quand même la plus belle salle d’attente du monde».

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