Groupement Transfrontalier

La crise, quelle crise ?

Le magazine romand l’Hebdo, que l’on pourrait comparer à notre Express, a fait paraître une grande enquête sur la crise économique chez nos voisins, avec des résultats pour le moins surprenants. Le titre de l’éditorial de Marie-Hélène Miauton, directrice de l’institut de recherches économiques et sociales concernant les résultats de l’enquête est on ne peut plus clair : la crise, quelle crise ? Car voilà bien la principale surprise de cette étude, la crise économique que vient de traverser la Suisse est perçue par nos voisins, un peu comme pour la grippe H1N1, une catastrophe annoncée mais jamais vraiment survenue. A voir la hiérarchie des préoccupations des Suisses, on doute que le pays ait vécu une crise. L’état de la planète continue d’être le souci principal de la population, surtout chez les alémaniques, les latins plaçant eux en priorité l’économie et l’emploi. Les sondés estiment que leur pouvoir d’achat, la paix du travail et la compétitivité du pays ont été faiblement impactés. Encore plus fort, les trois quarts des helvètes sont optimistes pour leur redressement. Le seul vrai souci durable concerne l’avenir des retraites, incertain pour plus de la moitié des sondés, un souci largement partagé en Europe. L’enquête a tenté également de vérifier quel était le niveau de confiance de la population par rapport aux divers acteurs. Assez curieusement, le politique s’en sort plutôt bien. Les banques, elles, sont critiquées, particulièrement les grandes banques mais sans entraîner de perte de confiance durable. Mieux même, les Suisses pensent que le secret bancaire doit être préservé. En fait, ceux qui ont perdu le plus de crédit dans cette affaire, ce sont les médias. C’est envers eux que la perte de confiance est la plus spectaculaire, à peine un tiers de la population leur fait confiance ! Les Suisses les accusent d’en avoir fait beaucoup pour pas grand-chose. Un discours que l’on connaît aussi de ce côté de la frontière ! Quant à l’avenir, nos voisins se montrent plutôt confiants. Depuis la parution de l’enquête, les résultats de l’économie semblent leur donner raison, le chômage diminue et les perspectives de croissance pour 2010 et 2011 sont excellentes, qui dit mieux ?

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