Groupement Transfrontalier

Une marine suisse et ce n’est pas une plaisanterie !

Parler de bateaux en Suisse peut sembler pour le moins anachronique. Certes, avec ses lacs le pays dispose de quelques voiliers et même de marins très qualifiés Des marins qui ont quand même gagné la coupe de l’America avec leur bateau Allinghi. Mais de là à imaginer une marine marchande helvète il y a un océan à franchir et pourtant, il existe réellement une marine marchande suisse. Elle compte aujourd’hui 38 bateaux battant le pavillon rouge à croix blanche. Des navires de haute mer que l’on peut croiser aux quatre coins des océans. Pour comprendre, il faut revenir à la dernière guerre mondiale en 1941. Inquiète pour son approvisionnement, la Suisse décide de créer sa propre marine et achète des bateaux. Pour la petite histoire, la Suisse annonçait chaque jour aux amirautés des deux camps la position de ses navires afin d’éviter toute erreur de tir ! Une Suisse qui achète les bateaux et qui les confie à des armateurs privés, tous installés en Suisse. La paix revenue, ces bateaux continuent à sillonner les mers. En 1953, une loi fédérale précise bien le rôle de chacun. Les navires subventionnés par la Confédération, sous pavillon suisse, sont exploités par des armateurs privés mais en cas de conflit, ils peuvent être réquisitionnés par le gouvernement. Leur port d’attache est Bâle, ville portuaire. Quant aux équipages de ces bateaux, ils sont aussi suisses mais très très minoritairement ! Et ce, au grand regret de la Confédération d’ailleurs. Sur les 708 officiers et matelots que compte cette flotte, seulement six détiennent le passeport à croix blanche ! Un souci pour le pays qui essaie tant bien que mal de favoriser des vocations chez les jeunes helvètes. La Confédération prend en charge les frais de formation tout en incitant les armateurs suisses à relever un peu les salaires. En attendant, si vous croisez un helvète sur un bateau, ce ne sera pas forcément un marin d’eau douce !

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