Groupement Transfrontalier

Le Président est une Présidente !

«Le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l’horizon : la femme est l’avenir de l’homme. Le bonheur en politique, c’est un jour comme celui-ci, où l’on chante avec Ferrat, où l’on fête avec Micheline». Et oui, Moritz Leuenberger, ancien Président de la Confédération ne cachait pas son plaisir lors du discours qu’il a prononcé en décembre dernier en l’honneur de Micheline Calmy-Rey, nouvelle Présidente de la Confédération. Certes, le système politique suisse, avec sa présidence tournante, enlève un peu de relief à cette nomination, mais quand même, elle illustre une évolution en profondeur de nos sociétés. Et surtout, avec Madame la Présidente, la Suisse aura, pendant toute cette année 2007, une femme d’exception pour la représenter. Une femme qui, ministre des Affaires étrangères, a réussi un double pari. Faire en sorte que la Suisse ne soit pas perçue comme un petit pays par les grands du monde et faire accepter par son peuple d’avancer vers l’Europe. Elle s’est dépensée sans compter pour que nos voisins votent Oui à la libre circulation des personnes, Oui aux accords de Schengen et Dublin, Oui à l’extension aux pays de l’Est. Et ces combats là étaient loin d’être gagnés d’avance. Il en a fallu du courage, de la pugnacité et du sens politique pour obtenir l’accord du peuple. Un peuple qui a apprécié ses capacités de négociation avec cette Europe parfois si technocratique et à qui elle a su imposer ses convictions. L’élection de Micheline Calmy-Rey est donc une chance pour la Suisse mais aussi pour toutes les régions frontalières. Gageons que, Valaisanne de naissance et genevoise d’adoption, elle saura répondre aux discours populistes qui se développent en mettant en avant ses valeurs humanistes dont nous avons tant besoin. Vigdis Finnbogadottir, Islandaise et première femme Présidente élue (en 1980) avait l’habitude de dire qu’une femme ne doit surtout pas chercher à ressembler à un homme. Elle doit rester ce qu’elle est, sans renier ses convictions ni ses valeurs qui sont souvent des valeurs morales et éthiques. Et s’il fallait prouver que les Suisses ont le sens de l’humour, Moritz Leuenberger nous le démontre. «J’ai le sentiment que tu inaugures une nouvelle voie internationale. Une de plus. Une voie qui consiste à placer des femmes à la tête des Etats et dans laquelle d’autres pays vont s’engager. Une voie qui part de la Suisse pourrait gagner les Etats-Unis et la France. Une voie royale en quelque sorte !». Imprimer l’article

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