Groupement Transfrontalier

De l’emploi en zone frontalière

Imaginons un ancien frontalier, parti depuis une dizaine d’années à l’autre bout du monde et qui revient. Quelle surprise, partout en France comme en Suisse des offres d’emplois ! Des entreprises qui n’hésitent pas à afficher sur leurs bâtiments ou sur leurs véhicules des annonces. Et même des sociétés françaises qui font les yeux doux aux travailleurs frontaliers afin qu’ils reviennent sur France ! Non, non, vous ne rêvez pas. La situation de l’emploi en zone frontalière, que ce soit dans le genevois ou en Franche-Comté explose. Certains, comme les patrons du Haut Doubs, hurlent au loup et attribuent à la Suisse tous les maux dont ils sont victimes. D’autres, beaucoup plus intelligemment, essaient de comprendre et de trouver des pistes pour trouver du personnel et le conserver. Pour la première fois depuis fort longtemps, les seniors sont courtisés. Les organismes français Anpe et Assedic multiplient les possibilités d’aide pour les entreprises. Aides au recrutement, aides à la formation…tous les outils possibles sont mis en place. Et de l’autre côté de la frontière, on assiste au même phénomène, comment favoriser le retour à l’emploi des seniors et des femmes qui ont cessé de travailler pendant quelques années ? Certes, on ne peut que se féliciter de cette évolution. D’autant qu’elle semble devoir durer. Les structures d’âge, de part et d’autre de la frontière, montrent bien que les travailleurs vont faire défaut. En Suisse, un quart des cadres dirigeants et cadres supérieurs des entreprises sont des seniors et leur succession inquiète beaucoup. Il y a là, de réelles opportunités pour les frontaliers ! Mais encore une fois, quid de la coopération transfrontalière ? Alors que tous les spécialistes de l’emploi sont d’accord pour dire qu’il faut former, raisonner en terme de bassins d’emplois transfrontaliers, utiliser les synergies de part et d’autre de la frontière : rien de concret ne se fait. Face aux tensions du marché, chacun cherche comment il pourra attirer les salariés d’un côté ou de l’autre. Et dans quelques années nous constaterons que nos jeunes ne trouvent pas de travail dans leur région alors que d’autres viennent de loin, formés ailleurs ! Nous allons connaître la même situation que pour les transports collectifs dans les régions frontalières. Nous allons nous réveiller vingt ans trop tard, et c’est dommage !
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