Groupement Transfrontalier

Des accords en demi-teintes

Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, y compris en Suisse. Alors que l’économie du pays apparaît resplendissante, que les entreprises n’ont jamais eu autant de besoin de main d’œuvre, que le taux de chômage est au plus bas, les menaces sur la poursuite de la libre circulation des personnes se font de plus en plus précises. Après Blocher et l’UDC, les syndicats émettent des doutes. Non pas sur le bien fondé de accords bilatéraux mais plutôt sur leur application. En lançant la polémique, les syndicats jouent un jeu dangereux. Certes, tout n’est pas rose. La libre circulation des travailleurs implique un respect des règles. Respect que les entreprises ne pratiquent pas toujours. Mais la solution n’est pas dans le rejet des accords, elle se situe dans une action forte auprès des autorités pour que le droit du travail soit respecté. Pour que les contrôles soient suffisants et qu’ils permettent de dénoncer les abus. L’édifice des bilatérales ne résisterait pas au tremblement de terre que constituerait un rejet des accords en 2009. Car la Suisse ne peut se passer de l’Europe et de ses travailleurs. Comme le précisait Micheline Calmy Rey, cheffe du département fédéral des affaires étrangères « même si l’on engageait tous les demandeurs d’emploi suisses, il resterait un million de places de travail qui ne pourraient pas être occupées. Les faits sont là, un travailleur sur quatre dans notre pays est étranger. Au niveau des cadres, le pourcentage d’étrangers avoisine les 40% ». Qui plus est, l’étroitesse des relations entre les deux partenaires entraîne obligatoirement des tensions. En choisissant la voie bilatérale, la Confédération n’a pas choisi la facilité. Aujourd’hui la Suisse ne peut se mettre à l’écart de l’Europe. Tous les acteurs économiques en sont convaincus. Mais entre des syndicats qui veulent faire monter les enchères et un leader d’extrême droite vexé et revanchard, la poursuite des accords bilatéraux ne sera pas un long fleuve tranquille pour ses défenseurs !
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