Groupement Transfrontalier

Péage routier à Genève

Le maire écologiste de Genève a au moins eu le mérite de donner un nouvel élan au débat sur les transports ! En proposant un péage urbain pour entrer dans le centre ville, il a suscité la surprise et la colère de nombreux automobilistes, y compris bien sûr les travailleurs frontaliers. Mais au-delà de la polémique, cette prise de position illustre parfaitement la situation d’engorgement que vit la ville depuis plusieurs années. Mais faire payer encore plus les usagers ne semble par être la solution la plus appréciée ! En proposant ce projet de péage urbain, la ville de Genève répond à une sollicitation de la Confédération qui, en décembre dernier, a annoncé vouloir encourager les villes à essayer ce type de péage. Lausanne et Zurich ont d’ores et déjà décliné la proposition. Le conseil administratif s’est prononcé en faveur du péage et étudiera jusqu’en juin les modalités d’application. Mais vouloir n’est pas toujours pouvoir. La situation particulière du canton et de la ville donne au canton les pouvoirs en matière de circulation. Or, Robert Cramer, le Conseiller d’Etat, en charge des transports, élu vert lui aussi, n’est pas favorable à ce type d’outil pour limiter la circulation. Il juge cette solution antisociale et très coûteuse. En plus, la constitution helvète interdit les péages. Il faudra donc mener campagne et convaincre les élus des deux chambres, sans compter qu’une votation sera sans aucun doute organisée ! Michel Charrat, Président du Groupement s’est prononcé contre cette mesure qui pénalise les banlieusards et par essence les frontaliers. Mais il reconnaît l’impérieuse nécessité de développer les transports en commun et les parkings de délestage. A l’évidence, Genève ne pourra plus assurer son développement si la question des transports n’évolue pas rapidement. Quant aux travailleurs frontaliers, les charges financières et l’augmentation des temps de transports deviennent de plus en plus insupportables. La question des transports pourrait bien être déterminante pour l’avenir de l’économie de Genève et de ses travailleurs frontaliers.
Imprimer l’article