Groupement Transfrontalier

L'horlogerie fait sa mue

Il y a parfois des vérités qui font mal, mais qu’il faut savoir entendre. Lors d’une conférence organisée par le club 44 à la Chaux de Fonds, un patron d’une entreprise horlogère suisse, un peu excédé par le procès mené par la CCI du Doubs sur «ces Suisses qui viennent nous piquer nos travailleurs» rappelait qu’il y a une vingtaine d’années, le secteur de l’horlogerie était au moins aussi présent côté France que côté Suisse. Et que s’il n’existait quasiment plus d’entreprises horlogères en Franche-Comté, la faute n’était certainement pas à chercher en Suisse ! Et chez nos voisins, l’horlogerie connaît depuis cinq ans une hausse continue de ses exportations. En 2007, la valeur totale a atteint les 16 milliards de francs. Un résultat évidemment dû à la capacité de ce secteur à rebondir après la crise des années 70 lorsqu’il a perdu les trois quarts de ses effectifs. Mais un secteur qui n’entend pas dormir sur ses lauriers. Ou plutôt qui se trouve obligé de se remettre en question, à cause et grâce à un homme : Nicolas Hayek. L’emblématique patron du groupe Swatch mène actuellement une deuxième révolution dans ce secteur. En 2002, le groupe Swatch avait provoqué un séisme en annonçant son intention de ne plus livrer de pièces à ses concurrents, pour la plupart totalement dépendants de la société ETA, filiale du groupe et qui alimentait d’autres sociétés en mouvements. Magnanime, Swatch a donné un délai à ses concurrents et amis suisses pour réagir : jusqu’en 2010. Résultat, tous ont dû se repositionner. Les investissements se sont multipliés, en Suisse, car il faut aussi maintenir le Made in Suisse ! Un dynamisme qui pousse évidemment toute la profession à aller de l’avant. Une stratégie particulièrement osée mais qui illustre parfaitement les qualités visionnaires de Nicolas Hayek. En dynamisant ainsi l’ensemble du secteur, le patron du groupe Swatch travaille pour son avenir. Ce n’est qu’en constituant une horlogerie suisse réputée dans le monde entier, suffisamment puissante et variée, qu’il pourra maintenir sa position de leader incontesté de l’horlogerie helvète. Et puis, ne l’oublions pas, Nicolas Hayek aime son pays, il le proclame haut et fort et il entend bien défendre la Suisse. Il faut reconnaître qu’il le fait plutôt bien !
Imprimer l’article