Groupement Transfrontalier

Le "tout voiture" a vécu

Jamais sans doute les projets de développement des transports en commun n’ont été aussi nombreux. L’augmentation des tarifs des carburants et la prise de conscience écologique des citoyens poussent les autorités à mettre en place de grands projets de mobilité douce. Les régions frontalières n’échappent pas à ces évolutions, bien au contraire. Le trafic important des voitures de frontaliers est souvent mal vécu par les populations. Que ce soit dans les petites communes de la couronne genevoise ou le long de la frontière neuchâteloise, l’exaspération est à son comble. Quant aux conducteurs, ils se passeraient bien de ces longues heures passées dans les embouteillages, parfois dans des conditions climatiques difficiles, sans compter bien sûr le budget de plus en plus lourd consacré à la sacro sainte voiture ! Il est temps de passer à autre chose et de penser collectif. Mais si la volonté semble se mettre en place, l’effet frontière joue en plein contre le développement des infrastructures nécessaires aux transports en commun. Premier constat : à l’évidence, nous partons avec des années de retard, pour ne pas parler en décennie ! Chacun a raisonné de son côté et il y a vraiment peu de temps que l’on prend en compte ce qui se passe de l’autre côté de la frontière. Il a fallu une réunion organisée par le Groupement à Morteau il y a 4 ans, pour qu’enfin les chemins de fer suisses et français essaient d’accorder leurs horaires ! Et les exemples peuvent être multipliés à l’infini. Mais l’augmentation constante du trafic frontalier oblige les élus à prendre en compte cette problématique. Pour limiter l’exaspération des populations mais également pour que les contraintes liées aux transports ne viennent pas péjorer le développement des régions frontalières. Si l’on continue comme cela, on peut raisonnablement penser que l’intérêt pour certains frontaliers d’aller travailler de l’autre côté de la frontière va diminuer. Nous ne sommes pas loin du moment où la Suisse ne trouvera plus de travailleurs frontaliers. Deuxième constat plus optimiste celui-là, les partenaires semblent convaincus désormais de la nécessité de s’entendre et de financer des projets en commun. Il en va de l’intérêt des deux parties. Reste maintenant à passer des intentions aux actes !

Imprimer l’article