Groupement Transfrontalier

Accords bilatéraux : le vote surprise

Ça, c’est fait ! Voila ce qu’ont dû se dire les jeunes de l’UDC, de la Lega et les Démocrates suisses qui ont déposé les 50 000 signatures nécessaires pour obtenir un referendum contre la poursuite des accords bilatéraux. Faut-il rappeler que la Confédération a choisi d’associer à ce vote l’extension des accords aux deux nouveaux pays de l’Union européenne, la Bulgarie et la Roumanie. Alors bien sûr, cette votation ne devrait pas poser de problèmes. Tous les grands partis, tous les acteurs de l’économie helvètes le disent haut et fort, ces accords sont bons pour la Suisse et les dénoncer serait catastrophique. Certains même se félicitent de ce vote qui doit permettre d’ancrer encore plus l’Union européenne auprès des citoyens. Sauf que tous les élus suisses le savent bien, une votation n’est jamais acquise, surtout lorsque son résultat est annoncé des mois à l’avance. Et puis, il y a cette fichue crise ! Bien malin qui peut dire les conséquences pour les prochaines semaines. Une augmentation des faillites et du chômage pourraient bien favoriser un repli sur soi et inciter bon nombre de votants à s’exprimer contre la poursuite des accords. Autre sujet de préoccupation pour les tenants du oui, la place de la Suisse au sein de l’Union. Présentée ces derniers temps comme un paradis fiscal qui profite des fortunes de l’Union pour s’enrichir, la Suisse pourrait bien être mise au ban par le Président de l’Europe lui-même, Nicolas Sarkozy. Si cette volonté devait se développer dans les prochains mois, elle risque fort de heurter nos voisins et de favoriser un réflexe d’auto protection. Jusqu’à présent, les Suisses s’en sont plutôt bien sortis tout seuls. Ils ont évité deux guerres mondiales, acquis un des plus hauts niveaux de vie au monde, réussi le multilinguisme… Corollaire de tout ça, la conviction profondément ancrée chez tout helvète qui se respecte, qu’il faut d’abord compter sur soi. Une attaque frontale de l’Union européenne contre le secret bancaire pourrait alors avoir des conséquences importantes sur cette votation. Espérons que d’ici le 8 février 2009, chacun saura garder raison. Mais pour les frontaliers, les semaines à venir risquent d’être longues et vivement le 9 février, avec un vote positif bien sûr !

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