Groupement Transfrontalier

Tous contre un ! Un contre tous !

Voilà bien une réunion qui sentait le soufre ! Deux jours avant la votation sur la poursuite des accords bilatéraux, la Région Franche-Comté organisait un colloque rassemblant l’ensemble des régions frontalières avec la Suisse. Une rencontre qui, au départ, devait se faire sans les Suisses. Son objet était de voir comment les régions frontalières avec ce pays vivaient leurs relations avec leurs voisins et pouvaient se constituer en groupe de pression. Mais les Helvètes, qui n’ont pas du tout apprécié cette initiative, ont fait des pieds et des mains pour être présents. Hélas pour les organisateurs, la rencontre dont l’initiative revient à feu Raymond Forni, ancien Président de la Région Franche-Comté, n’a pas du tout suivi le cours prévu. La faute à la crise ! Oublié l’objectif initial de favoriser un rééquilibrage du rapport de force entre les cantons et les régions limitrophes. Oubliées ces terribles entreprises suisses qui pillent la main d’œuvre locale pour s’enrichir sur le dos de leurs homologues. Nos « chers amis suisses » ont dû boire du petit lait pendant toute la réunion ! Il a bien fallu revenir à la réalité et convenir que la Suisse était un atout majeur pour le développement des régions frontalières et que, plutôt que de s’opposer, il serait beaucoup plus utile de travailler de concert. Alors certes, l’ambiguïté de départ n’est pas totalement levée. Certes, il restera toujours ce sentiment de frustration mais au final, cette rencontre peut avoir une vraie raison d’être. Celle de réfléchir ensemble sur la meilleure façon de vivre la proximité. De partager les expériences des uns et des autres, de mettre en avant les difficultés juridiques, sociales, fiscales qui existent dans les deux sens. De manifester une réelle volonté de collaborer afin d’assurer un développement partagé. La crise actuelle nous le démontre, le réflexe protectionniste se révèle chaque jour un peu plus. Il est urgent de travailler conjointement pour créer des dynamiques régionales fortes. Pour cela, il sera indispensable d’associer à ces travaux les acteurs essentiels que sont les travailleurs frontaliers qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, n’ont pas été conviés à cette réunion !
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