Groupement Transfrontalier

Consultations médicales : le juste prix ?

On assiste dans la région frontalière à un accroissement des facturations « libres » de certains professionnels de santé. Il semble qu’ils voient dans le phénomène frontalier la possibilité d’obtenir facilement et, en dehors des circuits nationaux, ce qu’ils estiment être la juste rétribution de leur travail. Au niveau de la région frontalière, cette détérioration de la relation entre le corps médical et l'assurance maladie a pris un tour tout à fait original. Certains praticiens appliquent des tarifs «spécial frontaliers» ou plus particulièrement, une facturation spécifique aux patients qui ne relèvent pas du système d’assurance social français. Arguant du fait qu’un frontalier assuré auprès d’un assureur privé ne relève pas des conventions tarifaires conclues avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, la consultation du frontalier auprès d’un généraliste se voit facturée plus chère que celle d’un salarié français. Cette tendance a pris encore plus d’essor depuis que les frontaliers ont obtenu la certitude de pouvoir continuer à bénéficier d’une assurance maladie privée jusqu’en 2014. Faut-il supporter de tels comportements ? Est-il normal que les frontaliers aient à payer parfois plus chères les prestations médicales fournies ? Sommes-nous prêts à voir nos cotisations d’assurance maladie augmenter pour répondre à cette dérive ? La relation entre un patient et un praticien est intime et il est bien difficile d’apporter une réponse tranchée à ces questions. Par ailleurs, le comportement abusif d’un petit nombre ne doit pas porter l’opprobre sur des professionnels qui rendent un service incomparable à nos concitoyens et dont les mérites sont nombreux. En conclusion, il importe à chacun de savoir faire preuve de discernement dans le choix de son praticien. Sachez tout de même que, si votre médecin est conventionné en secteur 1, il ne peut effectuer de dépassement d’honoraires. Par contre s’il est en secteur 2 ou au bénéfice d’un droit permanent à dépassement, il peut le faire. Enfin et ce depuis 1996, tout médecin doit afficher de manière visible et lisible dans la salle d’attente sa situation conventionnelle, les honoraires ou la fourchette d’honoraires des actes les plus couramment pratiqués ainsi que les conditions de prise en charge des actes par l’assurance maladie. Le médecin doit inscrire sur la feuille de soins l’acte dispensé et le montant exact des honoraires réellement perçus. Il ne tient qu’à chacun d’entre nous de contrôler les règles de tarification appliquées et de demander des explications si nécessaire.

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