Groupement Transfrontalier

Les frontaliers ne sont ni mieux ni moins bien payés !

La question revient régulièrement depuis que le phénomène frontalier existe, elle connaît un nouveau développement avec l’ouverture des frontières. Les travailleurs frontaliers sont-ils mieux ou moins bien payés que leurs collègues helvètes ? A vrai dire, la question porte en général plutôt sur des salaires présumés inférieurs, existe-t-il un dumping salarial ? Le débat avait été particulièrement vif lors de la votation sur la libre circulation des travailleurs où les syndicats avaient fait feu de tout bois pour obtenir des garanties. Car il faut le rappeler, depuis le 1er juin 2004, il n’existe plus de contrôle des salaires lors de l’embauche d’un nouveau travailleur frontalier. Une action efficace puisque les autorités ont accepté alors la mise en place de mesures d’accompagnement, visant d’une part à mieux contrôler les salaires et d’autre part, en cas de dérapage, à imposer des minima salariaux. Seul le canton de Genève a exigé que le montant du salaire soit précisé sur la demande de permis. Etat et syndicats ont pu alors vérifier lors de plusieurs enquêtes qu’il n’y avait pas de dumping salarial sur la région genevoise. Dans les autres cantons, où il n’existe pas ce système d’annonces, il est intéressant de voir si les salaires ont dérapé. Le 12 novembre dernier, la Conférence Transjurassienne (CTJ) a publié une vaste enquête visant à comparer les salaires entre la France et la Suisse et entre les travailleurs frontaliers et résidents. Résultat sans appel, les rémunérations horaires par catégorie socioprofessionnelle sont assez proches entre les salariés suisses et les frontaliers. Tout juste peut-on remarquer une légère différence en faveur des résidents dans les salaires ouvriers. Mais clairement, il n’existe pas de dumping salarial dans les cantons de la CTJ. Seul point d’interrogation et qui n’a pas pu être vérifié par les enquêteurs, faute d’éléments statistiques, le niveau de formation est-il le même ? Il se pourrait que les travailleurs frontaliers acceptent des postes de travail demandant moins de qualification mais mieux rémunérés qu’en France. Il s’agit là d’une dérive possible.

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