Groupement Transfrontalier

Bienvenue au bal des hypocrites !

La Confédération helvétique a conclu des accords bilatéraux avec l’Union européenne. Ces accords, entrés en vigueur le 1er juin 2002, permettent à la Suisse d’être intégrée dans le mouvement que connaît l’Union, de bénéficier des grands programmes, des accès aux différents marchés… Bref, pour faire simple et caricatural, avec ces accords, la Suisse bénéficie des avantages de l’Europe. Contrepartie, tout de même, le pays a dû accepter ce qui fait l’essence même de la construction de l’Union européenne : la libre circulation des citoyens et donc des travailleurs. Au début, la mise en oeuvre effective de cette liberté le 1er juin 2004 n’a pas posé de difficultés majeures. Il faut dire que le contexte économique s’est avéré très favorable. L’économie a eu besoin d’une main d’œuvre indisponible sur le territoire helvète où le taux de chômage était au plus bas et l’appel à des travailleurs étrangers n’a posé aucune difficulté qu’ils soient frontaliers ou résidents. Il a suffit d’une crise économique pour que les données changent. Bien entendu, les partis extrémistes et populistes n’ont pas manqué de saisir cette opportunité pour distiller leur poison. Pas vraiment de surprise de ce côté-là, nous pensions depuis bien longtemps qu’il faudrait du temps pour asseoir ce principe de libre circulation. Mais si la vox populi peut être versatile, si une partie de l’électorat peut manifester un rejet, il ne doit pas en être de même pour les élus au pouvoir. Leur pays a pris des engagements forts et courageux vis-à-vis de l’Europe, ces engagements ont été validés à plusieurs reprises par le peuple. Comment accepter que le Conseil d’Etat de Genève incite très fortement et très sournoisement les entreprises à ne pas embaucher de travailleurs frontaliers ? Les pressions de la part de certains conseillers d’Etat sont de plus en plus fortes. Après les recommandations verbales, nous sommes passés aux courriers. Le courage politique n’est pas de suivre aveuglément les courants populaires fussent-ils forts. Le courage politique voudrait que les élus se dressent contre ces dérives, expliquent pourquoi à la population et maintiennent leurs engagements. C’est dans la difficulté qu’un homme politique peut devenir grand !

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