Groupement Transfrontalier

Deux cultures politiques pour un congrès

Le samedi 10 avril dernier, la Groupement transfrontalier européen a tenu son 28ème congrès à Annemasse dans la salle de Château rouge. Un succès retentissant dont la presse s’est faite largement l’écho. Un succès dû, en partie, à la venue de deux autorités politiques de premier ordre. Pour la Suisse, Micheline Calmy Rey, cheffe du département des Affaires extérieures de la Confédération, l’équivalente de notre ministre des Affaires étrangères et pour la France, Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat en charge des Affaires européennes. Manifestement, leur venue a marqué les congressistes et illustre une reconnaissance forte de l’association au plus haut niveau des Etats. Pour des observateurs neutres, leur venue a aussi parfaitement illustré deux conceptions de la politique, ou plutôt de l’approche politicienne, radicalement différentes. Micheline Calmy Rey est arrivée à l’heure, accompagnée de son responsable de communication, d’un assistant et de sa chauffeuse. Elle a écouté toute l’intervention du Président du Groupement et celles des autres intervenants avant de quitter le Congrès comme cela avait été annoncé précédemment par son secrétariat. Côté français, le ministre est arrivé, au milieu de l’intervention du Président, Michel Charrat, entouré de nombreuses personnalités, préfet, députés, maires, conseillers… et est reparti sans attendre la fin des autres interventions. Lorsqu’il s’est levé, toutes ces personnalités qui l’entouraient ont bien entendu suivi le mouvement. Deux attitudes tellement opposées qu’elles en étaient presque caricaturales. Une vision suisse très locale, avec des élus connaissant parfaitement les acteurs du terrain, se déplaçant seul ou en comité très restreint. Et puis une vision française, très jacobine, très parisienne avec un ministre entouré de toute une cour, pressé par un emploi du temps sans doute démentiel. Sur la forme, le constat est édifiant. Vue de Paris ou de Berne, les problématiques frontalières ne sont pas observées avec la même focale. Sur le fond, espérons que les correctifs que veut mettre en place Pierre Lellouche illustrent une réelle volonté d’intervention et que les problématiques frontalières ne s’arrêteront pas « à la frontière » !

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