Groupement Transfrontalier

Libérez les contingents !

Le slogan, aux accents révolutionnaires, ne colle pas vraiment aux personnages qui l’ont revendiqué haut et fort en ce début d’année. "Economiesuisse" et de nombreux patrons de grandes sociétés n’ont pas hésité à monter au front pour obtenir une remise en cause des contingents destinés à limiter le nombre de travailleurs étrangers hors Union européenne et AELE. Il faut savoir que, fin 2009, au vu de la situation économique helvète et de la dégradation de l’emploi, le Conseil fédéral avait choisi de diviser par deux le nombre de permis pouvant être octroyés aux citoyens extra communautaires en 2010. La moitié des 2.000 autorisations de séjour et des 3.500 autorisations de courte durée (moins de 24 mois) pourra être délivrée. Seul problème, la Confédération héberge de grandes entreprises multinationales qui ont un besoin vital de faire venir des salariés du monde entier. Google a été l’une des premières à manifester son agacement, allant même jusqu’à envisager une délocalisation. Si ces entreprises ne peuvent embaucher ce type de personnel ou seulement d’une manière restreinte, les emplois risquent d’être transférés à l’étranger. Les emplois en Suisse liés aux équipes ou aux projets concernés sont par ricochet menacés. Si vous ajoutez à cette inquiétude une amélioration assez sensible de la conjoncture économique et le besoin d’une main d’œuvre très qualifiée, la pression n’a cessé de monter. Une pression suffisante pour que le conseil fédéral accepte, en avril, de revenir aux contingents prévus initialement et même d’augmenter le nombre de permis de courte durée. Une position saluée par l’ensemble des acteurs économiques, tout particulièrement le secteur bancaire. L’association patronale des banques suisses ait fait savoir dès le mois de février que ce secteur ne pouvait plus embaucher de cadres étrangers et qu’il manquait au moins 200 spécialistes sur la place financière suisse. En modifiant aussi rapidement ses quotas, le gouvernement helvète a prouvé sa capacité de réaction et d’adaptabilité aux fluctuations de l’environnement. Une forme d’aveu également, la Suisse ne dispose pas, sur son territoire, de toutes les compétences nécessaires au bon fonctionnement de son économie. Pas vraiment un scoop mais plutôt une confirmation.

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