Groupement Transfrontalier

Le Crédit Suisse jette les travailleurs frontaliers

Scandaleux ! La décision du Crédit Suisse de facturer 40 francs suisses par mois la tenue d’un compte pour les personnes résidant à l’étranger et disposant de moins d’un million de francs sur leur compte provoque la colère et l’incompréhension de nombreux frontaliers. Cette décision, applicable dès le début de l’été et annoncée par une simple lettre circulaire démontre bien la considération que porte la banque à ses clients. Clients qui ne disposent pas de plus d’un million de francs ! L’objectif est clair, faire partir au plus vite cette clientèle. Mais de quoi a peur le Crédit Suisse ? Au-delà de cette position inacceptable, le Groupement transfrontalier européen a vivement réagi à cette décision qui stigmatise une population particulière de travailleurs. Aujourd’hui, ce sont les frontaliers qui sont concernés, demain quelle autre population ? Tous ceux qui ont un compte au Crédit Suisse et moins d’un million sur ce compte feraient bien de se poser la question. Une banque qui peut, du jour au lendemain, virer une partie de ses clients sans aucun état d’âme, ne peut inspirer confiance. Ce choix s’inscrit dans un contexte particulier. Les récentes campagnes électorales et leurs développements xénophobes ont fragilisé l’équilibre de notre région. Ce type de décision ne fait qu’aller dans le sens du clivage des populations, le Crédit Suisse a choisi d’apporter sa pierre à ce courant, nous ne pouvons que le déplorer. En fait, le Crédit Suisse a sans doute voulu se débarrasser de comptes clients domiciliés à l’étranger et peu rémunérateurs et ainsi se doter d’une nouvelle virginité vis-à-vis du fisc français en particulier. Depuis quelques semaines, les banquiers suisses affirment que de nombreux clients étrangers viennent en toute transparence et que leur souhait est surtout de bénéficier des compétences en placement des spécialistes de la place suisse. Peut-être, mais quand même, les spécialistes estiment à 900 milliards de francs, les sommes placées en Suisse par des Européens. Et 80 % ne seraient pas déclarés. Pour une place financière suisse vertueuse, il y a encore du chemin à faire !!!

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