Groupement Transfrontalier

La préférence cantonale en trompe l’œil

En annonçant, lors d’une conférence de presse, son souhait d’établir plus ou moins une préférence cantonale pour l’embauche de nouveaux salariés, François Longchamp, conseiller d’Etat du canton de Genève, se trompe de cible. Car oui, les frontaliers ont intérêt à ce que le nombre de chômeurs à Genève et en Suisse soit le plus bas possible. Comment peut-on imaginer le contraire ? Si demain il n’y a plus de chômeurs, la question des travailleurs frontaliers sera beaucoup moins cruciale qu’aujourd’hui. Mais mettre sur le dos de ces travailleurs, les dysfonctionnements des cantons, ça c’est un peu fort. L’exemple du canton de Genève est frappant. On accuse les frontaliers de prendre les places de travail ! Interrogés par la presse, les chefs d’entreprise ont tous le même discours. A compétence égale, nous embaucherons de préférence un résident. Le problème, c’est que nous ne trouvons pas de compétences ! Et plutôt que de mettre en exergue une catégorie de population, le canton ferait mieux de développer des formations adaptées. Un seul exemple, il n’existe pas de formation pour les chauffeurs de bus ! Un exemple que l’on pourrait multiplier avec les infirmiers, les horlogers, les informaticiens… Il en va de même avec le contrôle des salaires. Tous les patrons ne sont pas vertueux et les cantons doivent accentuer les contrôles. Il n’est pas bon pour les frontaliers d’être sous-payés. Non seulement sur le plan individuel mais surtout, cela met en déséquilibre les relations sociales. Il s’agit là d’un facteur clef. Il est clair que les cantons doivent absolument et rapidement apporter des solutions à ces points de frictions. Sur l’emploi, remettre en cause la libre circulation des personnes serait une faute. Les cantons doivent améliorer l’efficience de leur service emploi, développer la formation, mieux contrôler le marché de l'emploi. Si un travail sérieux et continu se fait dans cette direction, le taux de chômage va continuer à baisser. Et un taux de chômage en baisse est une excellente nouvelle pour les Suisses et pour les frontaliers !

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